Revue de presse des hebdomadaires français

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- « Le chaos » : la Tribune Dimanche, le Journal du Dimanche et le Parisien Dimanche, ont choisi le même titre pour décrire la journée d’hier. « Mairies attaquées, magasins pillés, scènes de désordre », énumère le Parisien Dimanche, « la France a connu hier une journée de violences majeures, en marge de manifestations qui ont réuni jusqu’à 800 000 personnes ».
« Il n’y a là plus grand-chose de commun avec les revendications lycéennes ou les marches contre la vie chère, ajoute le Parisien Dimanche, et même s’il ne s’agit que d’une minorité qui n’a rien à voir avec les manifestants, elle parvient à imposer un climat quasi insurrectionnel ».
« La France mise à sac », c’est « un cadeau aux extrêmes », assure, de son côté, la Tribune Dimanche… Ces « scènes lamentables n’ont pas freiné l’enthousiasme de la délégation d’élus Insoumis, poursuit le journal, avec un Jean-Luc Mélenchon, tout sourire au milieu de ses supporters, trop heureux de surfer sur ce mouvement de colère, persuadé d’en tirer l’an prochain des bénéfices électoraux ».
La France Insoumise est une nouvelle fois accusée de souffler sur les braises, « l’ultragauche est à la manœuvre » clame le Journal du Dimanche, qui regrette que « les Français sincèrement mobilisés se soient retrouvés invisibilisés par des hordes de casseurs et d’émeutiers ».
« Ils ont des choses à dire »
C’est le mouvement de colère des lycéens qui est à l’origine d’un mouvement de contestation plus général. Des lycéens auxquels le Nouvel Obs consacre un long dossier. « En cette rentrée placée sous le signe de l’élection présidentielle, explique l’hebdomadaire, une jeunesse qu’on disait apathique et individualiste a, contre toute attente, pris la parole et montré un autre visage : celui de lycéens et d’étudiants très informés, organisés sur les réseaux sociaux, refusant l’injustice et les inégalités, quitte à le faire savoir avec radicalité ».
« Quoi qu’il arrive, estime encore le Nouvel Obs, on peut déjà entendre les messages de ce soulèvement de la jeunesse (…) Les lycéens n’ont pas le droit de vote mais, à six mois d’une présidentielle menacée par une victoire de l’extrême droite, ils ont des choses à dire à ceux qui mettront leur bulletin dans l’urne ».
Quant à savoir où vont les préférences politiques des jeunes, l’hebdomadaire rappelle qu’elles vont à la France Insoumise. Jean-Luc Mélenchon « est crédité de 41 % des intentions de vote chez 18-25 ans au premier tour de l’élection présidentielle ». « Il faut dire, ajoute le Nouvel Obs, que le "lider maximo" peaufine son image de grand-oncle bourru, protecteur des jeunes générations ».
Les oubliés
Une image que ne validerait sans doute pas l’Express. L’hebdomadaire ne consacre que très peu de place au mouvement lycéen, excepté un tableau comparatif sur le financement des lycées en Europe, et un court article intitulé « Jean-Luc Mélenchon et la jeunesse oubliée » « L’insoumis, nous dit-on, s’arroge un monopole sur les jeunes… en oubliant une grande partie d’entre eux : les ruraux… »
L’Express qui, au passage, ironise : « Il y a, estime l’hebdomadaire, cette jeunesse qu’il convoite en lui promettant le droit de vote d’un ton larmoyant : à 16 ans, "on va en prison" alors on doit pouvoir donner son avis comme tous les autres. Jésus changeait l’eau en vin », commente l’Express.
Trump et Mélenchon
Le Point fait l’impasse, sur le mouvement lycéen… Pas de reportage, pas d’interview… Rien… à l’exception toutefois d’un éditorial grinçant de Franz-Olivier Giesbert, qui clame « Trump, Mélenchon, même combat ».
« De LFI au mouvement MAGA (Make America Great Again) la vérité n’a plus aucun sens. La révolution de carton que nous vivons aujourd’hui dans les lycées ne fait pas exception », estime Franz-Olivier Giesbert, qui parle de « foire aux fadaises », ironisant sur « l’éternelle complainte sur le manque de moyens, alors que la France est l’un des pays développés qui dépense le plus pour l’éducation ».
Inquiétudes
Enfin, Marianne se projette dans l'après élection présidentielle. La France ? C’est une « cocotte-minute », estime l’hebdomadaire, qui publie un sondage Ifop, selon lequel « les enjeux de visibilité religieuse et de discriminations placent la société française sous tension, comme rarement, à quelques mois de l’élection présidentielle ».
Il en ressort que, selon ce sondage, « 53% des Français sont opposés au port du voile par les musulmanes qui le souhaitent dans la rue ». Marianne parle d’un « islam visible… et qui inquiète ».
Il ressort également de ce sondage, que « plus de huit musulmans sur dix craignent une "hausse des agressions et des discriminations à leur encontre" », « en cas de victoire de Marine Le Pen à la présidentielle ». Iraient-ils jusqu'à quitter la France ? 46 % affirment « l'envisager ».
Et ils ne sont pas les seuls. Selon le sondage publié par Marianne, « 44 % des Français de confession juive envisagent (eux aussi) de quitter la France ». Une France bien inquiète à l'approche de l'élection présidentielle...
À lire aussiJournée de mobilisation en France: 1200 interpellations et 150 policiers et gendarmes blessés, annonce le Premier ministre - Crise de la dette, colère des lycéens, dérive de l’extrême droite… cette semaine les hebdomadaires sont inquiets pour la France. Les dérives de l’extrême droite tout d’abord. Pour le Nouvel Obs, le Rassemblement national est le « parti du mensonge ». « La révélation des écrits antisémites du patron du président du RN Jordan Bardella ébranle toute l’opération de dédiabolisation orchestrée depuis des années par Marine Le Pen », estime l’hebdomadaire.
Les révélations de Mediapart sont-elles susceptibles d’influer sur l’élection présidentielle qui aura lieu dans moins de six mois ? Au sein du RN, la question divise, selon Marianne. Un « fidèle » se dit « persuadé que l’enquête de Mediapart pourrait se solder "par un accident industriel au deuxième tour" ».
Hypothèse rejetée par « un élu de terrain » selon lequel « les gens en ont marre de ces polémiques auxquelles ils ne comprennent rien, cela ne déplacera pas une seule voix ». Le Point, lui, juge que « miné par l’affaire Bardella, le parti espère tirer profit des remous liés au blocage des lycées, et à la dette ».
Lycéens en colère
La crise des lycées qui, elle aussi, elle occupe une place importante dans les hebdomadaires. C’est « une révolte sans précédent », aux yeux du Nouvel Obs, « certains y voient la promesse d’un grand soir éducatif longtemps attendu ».
Mais la politique reprend vite le dessus dans les hebdos qui, presque tous, accusent LFI, la France insoumise d’instrumentaliser le mouvement lycéen. Marianne est, comme toujours lorsqu’il s’agit de LFI, la plus véhémente. « Il joue avec le feu », s’exclame l’hebdomadaire en Une, avec une photo de Jean-Luc Mélenchon, le patron de la France Insoumise.
« LFI attise, les casseurs sévissent, les violences policières montent », ajoute encore Marianne, qui baisse d’un ton en pages intérieures, estimant que « LFI a très rapidement soutenu les lycéens », mais que « le parti ne dirige pas le mouvement ».
Le Point, lui, juge également que « LFI souffle sur les braises de la révolte lycéenne », alors que le parti « aurait pu jouer le rôle d’intermédiaire entre les lycéens et les institutions (…). Mais il semble avoir un plan A, "l’embrasement général" (…) et un plan B, "le repli sur les citadelles des quartiers populaires" », estime l’hebdomadaire.
Grenade
Les journaux de ce dimanche commentent également abondamment, la crise lycéenne. Le Parisien Dimanche apporte son soutien à cette « génération désenchantée », comme il l’appelle. « Cette génération nous envoie un message, estime le journal. On aurait bien tort de se contenter de la moquer, de se focaliser sur les violences et de ne retenir que cette partie émergée de l’iceberg. Ou encore de tout ramener aux manipulations politiques des extrêmes ».
Moins compréhensif à l’égard des lycéens, le Journal du Dimanche fait un gros plan sur les policiers. Ils sont, nous dit-on, « en colère contre le pouvoir politique (…) certains évoquent la possibilité de ne plus retourner au contact ».
C’est peu dire que le JDD ne plaint pas les lycéens blessés par les forces de l’ordre : « Il aura suffi d’une seule grenade et d’un lycéen de Lens grièvement blessé à la main, pour que le pouvoir politique titube », assure le journal, qui semble regretter que cette semaine, le ministre de l’Intérieur « ait fini par suspendre l’utilisation des grenades assourdissantes dans les cortèges, quand bien même ils se transformeraient en violences urbaines ».
Qui va payer ?
Troisième sujet de préoccupation pour les hebdomadaires cette semaine : la crise de la dette. C’est à la Une de l’Express qui se demande : « Qui va souffrir ? ». L’Express qui dresse un état des lieux sans complaisance : « Depuis plus de cinquante ans, aucun budget à l’équilibre n’a été voté. L’incapacité des gouvernement successifs à endiguer le déficit a placé la France sur une poudrière. La mèche est désormais allumée. Mais qui va payer les pots cassés ? » Réponse de l’Express : « Les pauvres, les jeunes, les services publics, les entreprises, les contribuables ».
Un peu tout le monde, donc, mais surtout les plus pauvres si l’on en croit Guillaume Hannezo, professeur associé à l’École normale supérieure et ancien conseiller économique de François Mitterrand, interrogé par l’hebdomadaire. « Les plus modestes sont en première ligne, dit-il, parce que leurs revenus dépendent davantage de la solvabilité de l’état et de la sécurité sociale. L’État et la sécu, c’est le patrimoine de ceux qui n’en ont pas ».
« Naufrage brutal ou submersion lente ? »
La situation est inquiétante et cela fait dire au Point, que « la France est devenue le malade de l’Europe pour les marchés financiers ». « Dans les salles de marché, raconte l'hebdomadaire, on ne parle plus de la France qu’à voix basse. Analystes, banquiers, traders refusent de s’exprimer publiquement, pour ne pas alimenter la spirale de la peur. Mais en coulisses, le constat est sans filtre, et il fait froid dans le dos. Personne ne se demande plus si la France, plombée par sa dette, va couler. Seul le tempo fait débat : naufrage brutal ou submersion lente ? ».
Et à l’heure des bilans, Emmanuel Macron est sur le banc des accusés. « En 2017, rappelle le Point, il s’était engagé à réduire la dépense publique et la dette. Aujourd’hui, la France est au pied du mur ». Pour l’hebdomadaire, la décennie qui vient de passer, est « une décennie de renoncements, de chèques à tout-va, d’erreurs et de crises ». Rien ne va plus... - L’Express publie un dossier qui fait froid dans le dos, vu de Paris. Dossier intitulé « Les nouvelles menaces de Poutine sur la France », et qui s’appuie sur une « note gouvernementale » datant du mois de septembre. Cette note, nous dit l’hebdomadaire, « anticipe une intensification des attaques, sans écarter la possibilité de sabotages et d’actions terroristes ».
« Dans les coulisses, annonce l’Express, Paris se prépare au pire ». Il faut dire que la liste des risques inventoriés a de quoi faire réfléchir : « sabotages », « assassinats », « attaque cyber », « la projection se veut même parfois aussi précise qu’inquiétante, ajoute l’Express, lorsqu’est citée une possible "action terroriste causant des morts civils" ou "brouillage conduisant au crash d’un avion civil" ».
Pourquoi cette stratégie ? « Frustré de stagner sur le front ukrainien depuis quatre ans et confronté à une crise économique au plan intérieur, répond l’Express, Vladimir Poutine a autorisé ses services de renseignement à exporter la violence sur le territoire européen ».
Faiblesses
La France est-elle en mesure de répondre à d’éventuelles attaques russes ? Elle est en tout cas dans l’œil du cyclone : « Nous sommes l’une des nations les plus engagées avec l’Ukraine », rappelle une « source » interrogée par l’Express.
La France, puissance nucléaire qui n’en a pas moins ses faiblesses. « En cas d’attaque massive, précise l’hebdomadaire, nous serions, à l’heure actuelle, en difficulté pour protéger nos nombreux sites sensibles ». Exemple : selon Yohann Michel, chercheur à l’Institut d’études, de stratégie et de défense, « nous serions incapables d’intercepter des vagues de plusieurs centaines de drones, comme le subissent les Ukrainiens certaines nuits ».
Cela étant, la France n’est pas la seule à envisager le pire. L’Express fait la liste des pays européens qui préparent les civils, notamment, à un éventuel conflit : l’Allemagne « évalue ses infrastructures médicales pour accueillir un grand nombre de blessés », la Suède a envoyé « à ses 11 millions de citoyens une brochure intitulée "en cas de crise ou de guerre" »... Quant à la Pologne, « elle propose depuis l'année dernière des journées de formation dans des bases militaires, journées ouvertes à tous les civils dès l'âge de 12 ans ».
La préparation de la prochaine élection présidentielle en France
Le Nouvel Obs fait sa Une sur ce qu’il appelle « la primaire de la dernière chance ». Elle réunit une partie de la gauche, sans la France insoumise, mais avec l’eurodéputé et candidat de Place publique, Raphaël Glucksmann, qui est visiblement le candidat préféré du Nouvel Obs, face aux quatre autres personnalités de cette primaire dont le premier tour aura lieu la semaine prochaine.
C’est, nous dit le Nouvel Obs, « la marche à ne pas rater pour la gauche sociale-démocrate. Si elle veut compter dans la présidentielle, il lui faut réussir sa primaire d’octobre ». Pour l’hebdomadaire, « Raphaël Glucksmann est celui qui paraît aujourd’hui le mieux placé » mais, regrette-t-il, dans un article intitulé « Glucksmann seul contre tous », « il voit resurgir des procès d’intention, qui lui collent à la peau : pas assez de gauche, "hors-sol" ou encore nouveau Macron ». Le Nouvel Obs, en tout cas, lui consacre un long article, là où ses rivaux de la primaire n’ont droit qu’à un encadré de quelques lignes.
« Grande coalition »
Quant à la droite et au centre, devront-ils passer par une primaire ? C’est en tout cas la suggestion faite dans Le Parisien Dimanche par Gabriel Attal. « Pour éviter un duel Mélenchon-Le Pen, le patron de Renaissance, nous explique le journal, estime qu’il est encore temps d’organiser "une grande coalition" qui aille des électeurs de Raphaël Glucksmann à ceux de la droite républicaine ».
Lui-même candidat à l’élection présidentielle, Gabriel Attal explique son point de vue : « Il y a des électeurs de gauche comme de droite qui aimeraient un autre choix qu’un candidat qui n’aura aucune chance d’être au second tour ». Il appelle, pour cela, à « un vrai et large rassemblement ».
480 mots supprimés
Enfin, une réflexion sur l’utilisation des mots, aux États-Unis sous l’administration de Donald Trump. Réflexion proposée par la Française Cécile Alduy, professeure à l’université de Stanford en Californie. Elle publie aux éditions Les Arènes, un livre intitulé « D’abord ils sont venus chercher les mots ».
Elle raconte, dans le Nouvel Obs, « comment elle a vu plus de 480 mots être bannis de l’administration fédérale, des données scientifiques supprimées, des cours annulés ». « On pourrait avoir la tentation de se dire : "Ce ne sont que des mots, on pourra se débrouiller sans" », explique Cécile Alduy. « Mais non, on ne peut pas penser ni agir sans ce vocabulaire qui est soudain intouchable ». Et elle interroge : « Comment dénoncer les injustices sans le mot "égalité" ? ».
Est-ce seulement le problème des États-Unis ? Non, répond la professeure d'université. « Le "laboratoire américain", où une administration d'extrême droite applique son programme discriminatoire, c'est ce qui pend au nez de l'Europe ». - C’est une combattante, qui ne baisse jamais les bras. La preuve, son livre de témoignages Une femme ne renonce jamais, qui paraît aux éditions Robert Laffont, dans lequel la célèbre militante des droits humains raconte sa vie en prison. « Un livre miraculé », nous dit M, le supplément du Monde : « Actuellement en résidence surveillée, l’opposante iranienne de 54 ans, a rédigé son autobiographie alors qu’elle était encore en prison ».
Un texte, précise M,« qu’elle a fait parvenir à sa famille au péril de sa vie ». Dans ce texte, qu’elle a commencé à écrire en 2017, Narges Mohammadi revient notamment sur ce 6 octobre 2023, quand l’annonce de son prix Nobel lui parvient. Ses codétenues « se sont mises à scander "Femme, Vie, Liberté !". Toute la prison s’y est mise, on applaudissait, on sifflait (raconte-t-elle). On me couvrait de baisers, on m’embrassait, des larmes de joie coulaient sur mes joues. Nous avons envahi la cour et nous avons formé un grand cercle en nous tenant par la main. Nous avons dansé et chanté la version farsie de "Bella Ciao" ».
D’une santé fragile, Narges Mohammadi « a été victime d’une crise cardiaque, au printemps dernier, pendant les bombardements israélo-américains », rappelle le Nouvel Obs. Bien que séparée depuis de nombreuses années de son mari et de ses deux fils qui vivent en exil, Narges Mohammadi ne baisse pas les bras. « Malgré des années de souffrance, écrit-elle, je n’éprouve ni regret ni remords pour ce que j’ai sacrifié au nom de la justice (…) Je suis une femme. Et une femme ne renonce jamais. »
Les premiers enseignements de la visite du pape en France
La presse de ce dimanche est aussi enthousiaste que les journaux cette semaine. « Paris valait bien une messe » titre le Parisien Dimanche, ajoutant que « Léon XIV a célébré une messe XXL sur la place de la Concorde et sur les Champs-Elysées, devant 800 000 personnes ».
« Aucun autre homme sur la planète ne peut rassembler à ce point », s’exclame le Parisien Dimanche, « c’est peut-être la grande leçon qui doit interroger en ces temps si troublés : le spirituel ferait-il désormais office de refuge dans un pays pourtant profondément attaché à sa laïcité ? »
La Tribune Dimanche, de son côté, parle de « trêve papale », et juge que « la venue du pape rassemble, fédère, relie nos compatriotes ». « Qui, à part le souverain pontife, est capable de réunir un million de personnes en deux jours à Paris, et cela sans déclencher de polémiques ou de violences ? », questionne la Tribune Dimanche, alors que le Journal du Dimanche, estime, lui, que « le pape rend le sourire à la France ».
Laïcité et catholicisme
Que de cette visite du pape à l’étranger ? C’est ce qu’a voulu savoir Courrier International, selon lequel l’affluence à la messe de la place de la Concorde, à Paris, « illustre la relation particulière de la France laïque avec le catholicisme ». Courrier International a notamment relevé les propos tenus dans le quotidien italien la Republica, qui parle « d’un regain de religiosité dans une France laïque et sécularisée ». A Londres, le Times relève « un véritable paradoxe : bien que la fréquentation des églises soit en baisse, plus de 32 millions de Français – soit près d’un sur deux – "se sentent attachés au catholicisme", selon un récent sondage », explique le quotidien britannique.
Là-haut
Le Point met à l’honneur une Française, qui vit actuellement… 400 kilomètres au-dessus de la Terre... « Sophie Adenot, héroïne de l’espace », titre l'hebdomadaire. « Première Française à effectuer une sortie extravéhiculaire, l’astronaute détient le record européen de la plus longue mission spatiale habitée », précise le Point. Elle est, en effet, « la première française » à être « sortie dans le vide » à trois reprises. Elle qui vient de « dépasser le record de plus de 200 jours en orbite établi en 2020 par l’Italien Luca Parmitano ».
Interrogée depuis la Station spatiale Internationale, Sophie Adenot raconte notamment la sensation éprouvée, au moment de se lancer dans le vide, en utilisant cette comparaison : « Quand on est dans une voiture et qu’on voit, une falaise juste là, on se sent en sécurité parce qu’on est dans la voiture. Etre en sortie extravéhiculaire, c’est ouvrir la porte et se retrouver directement les pieds au bord de la falaise ».
Mais l’astronaute française aime ça, et quand elle est interrogée sur son « envie de repartir », elle déclare : « Tous les voyages spatiaux dont vous me parlerez, j’aurai toujours le sourire jusqu’aux lèvres. » Elle ne veut toutefois pas monopoliser l’attention : « Je suis consciente, dit-elle, qu’il y a un temps pour la récupération et un temps pour les autres, puisqu’on est nombreux dans le corps des astronautes européens. Donc, chacun son tour ». - C'est une petite musique que l'on entend depuis plusieurs années, celle des dangers de l'IA pour les sociétés. Mais elle s'est muée en cri d'alarme depuis quelques jours, après ce message pour le moins inquiétant, de Jacob Coxon, chercheur passé par Anthropic et OpenAI, qui annonçait sa démission, et dans le même temps que les entreprises du secteur jouaient « à la roulette russe avec nos vies ».
Le Point a décidé d'en faire son dossier de la semaine, et de revenir sur cette déflagration, notamment en se penchant sur les périls qui peuvent effectivement nous menacer avec l'IA. Parmi les hypothèses qu'il développe, celle tout d'abord qu' « une IA optimisera ses objectifs sans compassion ni morale humaine », selon un expert interrogé par le journal et elle pourrait même considérer que les limites à leurs progrès ce sont les humains eux-mêmes.
Le danger d'une attaque biologique
« Durant l'été, des chercheurs (...) ont annoncé avoir créé 16 virus inoffensifs grâce à l'IA », raconte le Point, ce qui laisse imaginer ce qui pourrait se passer le jour où elles en créeraient des dangereux. Et le risque d'une guerre nucléaire est une question prise au sérieux : le pouvoir de décider sans IA est au cœur des réflexions des armées, mais selon un expert français cité par l'hebdomadaire, « en réalité il n'y a que peu de scénarios dans lesquels une IA autonome aurait intérêt à (...) déclencher une apocalypse nucléaire. Nous voilà rassurés », conclut le Point non sans une pointe de sarcasme.
Le Nouvel Obs s'intéresse au choc des générations à la gauche de la politique française
Près d'un jeune sur deux peut voter pour Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, un choix qui bouscule les parents, et provoque des débats musclés au sein des familles. Le journal s'est intéressé aux raisons qui poussent la jeunesse à choisir LFI plutôt que les partis de ses ainés. La première, c'est un sentiment d'urgence. « Les jeunes estiment qu'ils n'ont plus le temps de discuter indéfiniment, de négocier. Les congrès, les motions (...), les réunions interminables qui accouchent de compromis parfois illisibles constituent presque un repoussoir. Le PS en offre, aux yeux de ces jeunes, la caricature parfaite », résume un politiste dans les pages du Nouvel Obs.
« Les générations se distinguent aussi par les combats qui les ont fait rentrer dans l'espace public. Pour celle qui arrive aujourd'hui à l'âge adulte, les matrices de politisations ne sont plus celles de ses ainés. Elles s'appellent antiracisme, Gaza, MeToo, droits LGBT ou urgence climatique. Autant de combats qui ont en commun d'appeler moins le compromis que la rupture et sur lesquels LFI a su occuper l'espace », analyse l'hebdomadaire.
Cette évolution permet aussi de comprendre pourquoi Raphaël Glucksmann par exemple, peine davantage auprès de la jeunesse. Pour le Nouvel Obs, il « paie son image de réformiste. Une vertu pour ses électeurs, un synonyme d'impuissance pour une partie de la jeunesse. Le raisonnement tient en une phrase : regardez où le compromis a conduit le monde. Donc, il faut rompre ». Et le journal de conclure par cet avertissement : « Avis aux familles de gauche : dans les prochains mois, les repas du dimanche risquent d'être animés ».
La population française est-elle donc plus divisée que jamais ? C'est la question que Le 1 a posé à deux chercheurs dans un long entretien, et selon leur avis, pas tant que cela. Ce qui a changé, « ce n'est pas tant la polarisation de l'opinion que la façon dont elle s'exprime (...) Nos divisions se manifestent davantage qu'auparavant à travers le registre de l'émotion », explique une sociologue, qui rappelle qu' « il est bien normal qu'une société démocratique soit divisée. Si tout le monde semblait d'accord, ce serait le signe que nous vivons dans une société totalitaire ». Et quant à ce conflit entre générations, « il n'empêche pas les gens de souhaiter vivre ensemble ».
La Croix Hebdo revient sur le combat contre la peine de mort d'une religieuse étasunienne
Le portrait de sœur Helen Prejean, une religieuse étasunienne qui a passé sa vie à combattre la peine de mort, et qui continue de le faire à plus de 80 ans. Elle est convaincue que ce châtiment, toujours en vigueur aux États-Unis, est voué à disparaitre, « cela prendra encore des années mais nous y arriverons », affirme-t-elle dans les pages de La Croix.
Pendant des décennies, elle a accompagné des condamnés jusqu'à leur exécution, et a même interpellé l'ancien pape Jean-Paul II sur le sujet. Elle raconte les racines de son combat, et ce qui la pousse à continuer. « Pour moi, explique-t-elle, exécuter quelqu'un, cela revient à légaliser la haine. La peine de mort c'est un assassinat sponsorisé par l'État ». Elle évoque aussi les paramètres discriminatoires de la justice étasunienne, que ce soit en terme de couleur de peau ou de classe sociale : « vous ne trouverez jamais une personne riche dans le couloir de la mort. Nous avons d'ailleurs un slogan célèbre outre-Atlantique : "Pas de peine capitale pour ceux qui ont du capital" Tout est dit ! ». Et s'il devait y avoir une chose à retenir, c'est le conseil que nous donne sœur Helen Prejean, quand le journal lui demande comment elle arrive à garder l'espoir dans ce monde parfois bien sombre : « Faites quelque chose de modeste on s'en fiche, mais faites ! C'est comme cela que, peu à peu, on transforme le monde. (...) L'espoir, c'est une pratique : il faut s'y entrainer ».
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Les opinions, les points de vue et les avis souvent divergents des éditorialistes et des commentateurs sur l'actualité française et internationale dans les hebdomadaires français. Une revue de presse présentée chaque dimanche par Catherine Potet.
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