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    Colombie: menacés par le recrutement forcé des groupes armés, des adolescents trouvent refuge

    29/05/2026
    Le 31 mai, les Colombiens se rendront aux urnes pour élire leur futur président. Au cœur du scrutin : le conflit armé et la stratégie à adopter ces prochaines années. Mais en attendant, des milliers d'adolescents sont en danger dans le pays. Depuis 2017, le recrutement forcé de mineurs par les groupes armés a bondi de 300 %. Rien que sur les trois premiers mois de 2026, trente cas ont déjà été confirmés et les associations estiment que les chiffres réels sont bien au-delà. À Bogota, à Benposta, une communauté tente depuis des décennies d'offrir une autre voie à ces adolescents.
    De notre correspondante à Bogota,
    Au sud de Bogota, Benposta est une mini-ville dans la ville. Des adolescents discutent, rient, se tiennent la main. Ici, 83 jeunes vivent ensemble et s'autogèrent. Ils ont leur propre collège, leurs cuisines, leurs dortoirs. Et même un gouvernement. La semaine dernière, ils ont élu leur nouveau maire. Il a seize ans. « J'ai voulu me présenter aux élections parce que je savais que j'avais la capacité de défendre les intérêts des enfants de la communauté et de créer une bonne ambiance au sein de celle-ci », explique le nouveau maire, Bryan.
    Bryan est arrivé ici il y a un an, menacé par des groupes armés qui voulaient le recruter de force. Mais à Benposta, on n’en parle plus. « Les deux premières semaines ici ont été difficiles pour moi, surtout la rupture avec ma famille, le fait d’être venu ici et de les avoir laissés. Ça m'a beaucoup affecté. En ce moment, le conflit est vraiment très fort. Mais j'aimerais bien retourner chez moi. »
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    Des promesses de la part des groupes armés pour attirer les enfants
    Comme Bryan, tous ici ont fui les groupes armés. Les enfants sont des cibles de choix pour eux car juridiquement ils n’encourent pas les mêmes risques et sont plus influençables. Ana María Centeno est chercheuse à la Coalico, une coalition pour la protection des enfants face au conflit armé, dont fait partie Benposta. Elle décrypte depuis plusieurs années les mécanismes du recrutement. « Ces recrutements ont lieu dans des territoires privés de services essentiels, de l’eau potable aux écoles formelles. La majorité des enfants recrutés sont indigènes ou afrodescendants, historiquement les communautés les plus appauvries de Colombie. »
    Pour les attirer, les groupes armés ont développé des méthodes de plus en plus sophistiquées : promesses de salaire, de chirurgies esthétiques pour les filles, séduction amoureuse. Et une arme redoutable : les réseaux sociaux. « Regarde, ils passent toujours ce genre de musique. Avec des messages très militants, qui incitent à prendre les armes et à parler au commandant », montre preuve à l'appui Ana María Centeno.
    Sur l'écran, des jeunes apparaissent en treillis, armes à la ceinture, liasses de billets entre les mains. Des images qui s'ancrent dans le quotidien de ces mineurs, comme le dénonce José Luis Campo, directeur de Benposta. « Ils ont des interactions permanentes avec les groupes. À la sortie de l'école, ils sont là, en uniforme, avec les fusils, et en attendant que leurs parents arrivent, ils mangent des biscuits avec les enfants. »
    Pour contrer ça, Benposta leur offre un cadre de vie et des perspectives : ateliers de couture, karaté, communication vidéo. Ely, elle, a choisi la peinture quand elle est arrivée il y a trois ans. « Quand je suis arrivée ici, à cause de tout ce qui s'est passé, j'ai peint ma tristesse, la colère que l’on ressent quand on est chassé de son territoire. Benposta m'a aidée et m'a appris l'importance de la voix. »
    Une voix que la guerre a failli lui voler.
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    Finale de la Ligue des champions: 20 après leur finale perdue, les supporters d'Arsenal espèrent

    28/05/2026
    Le champion d’Angleterre, Arsenal, disputera ce samedi 30 mai la deuxième finale de Ligue des champions de son histoire. 20 ans après leur finale perdue à Paris contre le FC Barcelone, les Gunners ont rendez-vous à Budapest, où ils vont affronter le champion en titre, le PSG, avec l’espoir de décrocher la première Coupe aux grandes oreilles de leur histoire et d’accomplir le fabuleux doublé Premier League-Ligue des champions. 20 ans après les Invincibles d'Arsène Wenger, les supporters du club du nord de Londres ont à nouveau envie d’y croire.
    De notre correspondante à Londres, 
    Stade de France, 17 mai 2006. Les larmes coulent sur les visages des Gunners. Pendant deux décennies, cette finale perdue restera le fantôme d'Arsenal. Une cicatrice jamais vraiment refermée. Bernie y était et si à l'époque on lui avait dit qu’il aurait fallu attendre 20 ans pour revoir son club en finale de Ligue des champions, il n’y aurait pas cru. « J’ai l’impression que ça fait une éternité. Nous avions tous le sentiment et l'espoir que c'était le début d'une nouvelle ère pour Arsenal, se rappelle-t-il. Et même si nous avons atteint les quarts de finale entre-temps, nous n'avons jamais vraiment réussi à concrétiser cela en remportant la compétition. On a donc l'impression qu'il s'est écoulé un temps fou entre ces deux finales, et l'impatience à l'approche de Budapest est vraiment extraordinaire. »
    Il aura fallu vingt ans, vingt ans de reconstruction, un changement de stade, des doutes, des moqueries même. Vingt ans d'exil loin des sommets européens. Pour toute une génération de supporters d’Arsenal, on a appris à raconter la gloire en noir et blanc. Mais ça, c'était avant, avant l'arrivée d’un homme qui aura su réapprendre à Arsenal à gagner et qui aura redéfini l’ADN du club. Cet homme, c’est l'entraîneur Mikel Arteta.
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    « Vingt ans que j'attends ça »
    Au George, ce pub du nord de Londres, ce sont deux époques qui se côtoient chaque week-end. Ceux qui ont connu les sommets européens transmettent le flambeau à ceux qui étaient trop jeunes pour le voir. Pierre-Antoine fait partie de cette jeune génération de supporters qui n'étaient pas nés ou étaient bébés en 2006. En 2006, il a 10 ans. « Vingt ans que j'attends ça, j'ai attendu ça toute ma vie, les Invincibles, c'est ce qui m'a mis dans le football, mais je suis trop petit en 2004, je suis trop jeune à cette époque-là pour comprendre ce qu'il se passe, affirme-t-il. C'est trop lointain, mais suffisamment là pour m'ancrer avec mon père, qui me ramène un maillot d'Arsenal d'un voyage à Londres. Maintenant, on peut vivre un truc ensemble. Ça me donne la chair de poule rien que d'en parler. Mais là, pour moi, quoi qu'il arrive, c'est déjà une super saison. »
    Vingt ans plus tard, les maillots rouges et blancs envahissent à nouveau les tribunes d'une finale de Ligue des champions, pour effacer les fantômes de 2006 et faire entrer une nouvelle génération de Gunners dans l'histoire.
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    En Autriche, des femmes migrantes se soutiennent à travers l'association Nachbarinnen

    28/05/2026
    À Vienne, l'association Nachbarinnen (« voisines » en français) est partie d’un constat : on attend des migrants qu’ils viennent d’eux-mêmes demander de l’aide auprès des différentes associations et institutions, or, beaucoup ne le font pas, notamment à cause de la langue. La conséquence : un isolement, voire une marginalisation, en particulier des femmes. Une situation que l'association essaie de renverser.
    L’association Nachbarinnen emploie uniquement des femmes, des assistantes sociales mobiles, immigrées elles aussi, qui se rendent directement chez les familles. Le but ? Mieux repérer les situations problématiques, voire dangereuses pour les femmes, mieux les accompagner et finalement, mieux les intégrer à la société. Fatima Keblawi est l’une des dix assistantes sociales mobiles. D’origine syrienne, elle se déplace chez les familles qu’elle aide. Aujourd’hui, elle rend visite à Sherine, Syrienne comme elle, qui vit seule avec ses trois enfants.
    Aide dans les difficultés du quotidien, administratives et personnelles, mais aussi pour apprendre l’allemand ou chercher un travail : l’éventail de Nachbarinnen est très large. Aujourd’hui, Fatima et Sherine discutent des enfants, en particulier du petit dernier, Abbas, 8 ans. Fatima explique à l'enfant qu'il doit être sage à l'école. 
    Sherine a des années difficiles derrière elle. Arrivée en Autriche en 2015, son mari, plus âgé qu’elle, l’a enfermée chez eux, nous raconte-t-elle, il l’empêchait d’avoir des amis, un travail. Elle a trouvé la force de divorcer en 2018, mais s’est alors retrouvée seule avec ses enfants. Être accompagnée aujourd’hui par Nachbarinnen représente beaucoup pour elle.
    « Tu veux pleurer, mais tu n’as personne à qui te confier, nous explique Sherine, avec ses mots. Les murs des endroits où j’ai vécu, eux, se souviennent. Ils connaissent mieux que quiconque les souffrances que j’ai endurées, moi et mes enfants, témoigne-t-elle. Mais depuis que j’ai rencontré Fatima, il y a eu un changement dans ma vie. Je pense maintenant au travail, à améliorer mon niveau de langue, ça m’a donné le courage de sortir, de parler, d’apprendre et de travailler. »
    À ses côtés, son fils, Abbas, acquiesce : « Oui, Fatima est très gentille : elle nous achète des autocollants par exemple, et nous aide quand nous en avons besoin, car nous sommes seuls, sans père. »
    À écouter dans 8 milliards de voisinsQuelles réalités pour les femmes en exil ?
    « Toutes ces femmes ont un même problème : elles sont isolées »
    Pour Fatima, qui travaille chez Nachbarinnen depuis deux ans, venir de la même culture et aller chez les familles permet de mieux repérer et mieux aborder les situations dangereuses pour les femmes. « 70 % des familles à qui je rends visite sont touchées par la violence. Soit le père est violent envers la mère, soit parfois aussi envers les enfants. Sherine, par exemple, a été victime de violence, souligne l'assistante sociale. Mais toutes ces femmes ont un même problème : elles sont isolées. Elles ont besoin de quelqu’un qui leur tende la main. Le lien de confiance, c’est le plus important. Et ça ne vient pas tout de suite. Mais nous avons la même culture, la même mentalité, la même langue, ce sont des clés et sans elles, les familles ne m’accepteraient pas. »
    Depuis sa création en 2014, l’association a aidé plus de 4 600 familles. 
    À écouter dans 8 milliards de voisinsComment sortir les femmes migrantes de l‘ombre ?
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    Être Russe et critique du conflit en Ukraine

    27/05/2026
    Les bombardements russes en Ukraine, et singulièrement sur Kiev ces derniers jours, battent des records d’intensité. Les frappes ukrainiennes, elles, deviennent de plus en plus profondes dans le territoire russe, sans perspective d’arrêt des combats. La Russie, elle, recrute partout pour l’armée, surtout pour les unités de drones, y compris dans les universités les plus prestigieuses de la capitale. Certains, et ils sont très rares, ont refusé de participer au conflit, d’autres ont fini devant la justice pour le critiquer. Leurs voix sont rares et ils savent les risques de plus en plus élevés.
    C’est un message vocal qui arrive de l’intérieur d’une caserne quelque part dans l’ouest de la Russie (ndlr : pour des raisons évidentes de sécurité, RFI ne donne pas son identité) : « J'ai refusé de partir à l’opération spéciale, car pour moi, un soldat, c'est quelqu’un qui protège. Il n'y a rien d'autre à ajouter ».
    Rien de plus à dire, parce qu’Igor, qui envoie ces mots au compte-gouttes, a déjà osé l’impensable pour beaucoup de Russes.
    Il a 25 ans, il vient d’une ville du nord du pays où il ne trouvait pas de travail, dit-il. Alors avant la guerre, il a signé un contrat pour l’armée. Sans imaginer que quelques mois plus tard, son président déciderait d’envoyer ses soldats en Ukraine. « Je n'ai aucun ami participant à l’opération spéciale, je ne communique pas avec ceux qui sont devenus des combattants », dit Igor dans un autre message. « Je n'ai jamais gardé aucun contact, parce que nous n'étions pas d'accord sur ce point. Eux ont décidé qu'il était plus facile de partir, alors que moi, je suis resté et je me bats pour ne pas y aller »
    Igor est allé jusqu’à saisir les tribunaux militaires et demander la reconnaissance officielle de la fin de son contrat expiré depuis longtemps. Il se dit soutenu par sa famille et ses amis. Reste que les proches de ceux, très rares, qui ont refusé la mobilisation en 2022 et sont en prison sont paralysés par la peur et refusent de s’exprimer. 
    Peine de prison de 10 ans pour désertion
    La justice, elle, exécute sans fléchir les lois et les peines associées, comme 10 ans de prison pour désertion ou refus de se soumettre à la mobilisation partielle, et les procès pour discrédit de l’armée continuent à se tenir. C’est ce qui est arrivé à Vassili Bolchakov, rencontré par RFI en février 2024 lors de l’ouverture de son procès dans la ville de Kassimov, à près de 400 kilomètres au sud-est de Moscou. Ce qui a déclenché les poursuites, c’est une plaisanterie sous forme de dialogue imaginaire entre Vladimir Poutine et son ministre de la Défense d’alors, Sergueï Choïgou.
    Mettre en cause la tête de l’État et la conduite des opérations militaires est une ligne rouge absolue en Russie. Les enquêteurs ont ensuite cherché et évidemment trouvé d’autres commentaires sur les réseaux sociaux, et d’autres lignes rouges franchies par Vassili Bolchakov. Il a été jugé coupable de tous les chefs d’accusation et condamné à une amende de 250 000 roubles (environ 3 000 euros au cours actuel).
    Aujourd’hui, ce trentenaire père de quatre enfants a déménagé dans la ville voisine de Riazan, pour motif professionnel, dit-il. Assis dans un café, dans un mélange de russe et d'anglais, il estime avoir eu énormément de chance d’avoir écopé juste d’une amende. Il ne répétera en aucun cas les mots qui lui ont été reprochés par la justice, il pèse désormais beaucoup plus ses propos, mais il n’est clairement pas rentré dans le rang. Pour lui : « Les gens qui m’ont fait tout ça l’ont fait en toute conscience, et ils devront vivre avec ça. Chacun devra y faire face un jour ou l’autre. Mais je n'essaierais même pas de dire quand et de quelle manière les choses pourraient changer. Parce que tout peut encore devenir pire ».
    Au début du mois de mai, la Cour suprême a rendu publiques ces statistiques : en deux ans, les condamnations pour trahison ont augmenté de 460 %. La plupart des avocats spécialisés estiment que ce chiffre atteint en réalité… le double.
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    En Espagne, l'essor des églises évangéliques

    26/05/2026
    En Espagne, un temple ouvre presque tous les quatre jours. En dix ans, la communauté religieuse évangélique a augmenté de 30 %, selon la Fédération des entités religieuses évangéliques d’Espagne, qui chiffre à 1,5 million le nombre de fidèles. Désormais troisième force religieuse du pays après les catholiques et les musulmans, elle doit beaucoup à l'immigration latino-américaine. 
    Un reportage de notre correspondante à Madrid à retrouver dans la longueur dans Accents d'Europe.
    À écouter dans Religions du monde«Le nouveau pouvoir évangélique» : un protestantisme militant à la conquête du monde ?
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