Revue de presse Afrique

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- « La création du FRN, le Front pour la refondation de la nation, dirigé par Joseph Kabila et annoncé hier à Goma, commence à produire ses premières secousses dans l’ancien camp présidentiel » : c’est ce que relève Afrik.com. En effet, en l’espace de quelques heures, plusieurs cadres du PPRD, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie, ont quitté le navire. « Il n’a pas fallu attendre longtemps pour voir les premières réactions de désapprobation dans la famille politique de Joseph Kabila. (…) Sa nouvelle orientation place ses alliés devant un choix difficile, note Afrik.com : suivre une stratégie qui assume désormais une dimension armée, ou poursuivre le combat politique en s’en démarquant. »
Ainsi, relève le site congolais 7 sur 7, « plusieurs cadres du PPRD, ainsi que diverses personnalités politiques, prennent leurs distances avec Joseph Kabila. » 7 sur 7 cite notamment l’ancienne ministre des Droits humains, Marie-Ange Mushobekwa, qui affirme « rejeter le recours à la lutte armée et qui dit vouloir poursuivre son combat politique dans l’opposition à Kinshasa, à “mains nues“. Elle plaide pour un dialogue “franc, inclusif et constructif » en faveur de la paix“. »
A contrario, l’ancien ministre de la Santé, Félix Kabange Numbi, affiche son soutien à cette nouvelle plateforme politico-militaire, pointe le site Actualité CD : « “Notre nation est en péril“, affirme-t-il, rejetant toute attitude d’abstention face à ce qu’il considère comme une urgence nationale. Félix Kabange Numbi appelle les Congolais à reprendre leur destin en main, et affirme vouloir combattre, au sein du FRN, le régime de Kinshasa qu’il qualifie de “dictature“. »
L’arène politique congolaise encore plus polarisée…
De son côté, Jeune Afrique remarque que « Kabila ne crée pas uniquement des secousses dans sa propre famille politique en annonçant rejoindre la lutte armée, il rebat aussi les cartes dans l’opposition. Le lancement du FRN polarise un peu plus l’arène politique et pousse les adversaires du président congolais, engagés depuis des mois dans la contestation du projet de changement de la Constitution, à prendre clairement position. À Kinshasa, ce combat est surtout porté par la coalition C64, qui réunit les opposants Martin Fayulu, Delly Sesanga, Augustin Matata Ponyo, Jean-Marc Kabund et Moïse Katumbi. Aucun d’entre eux n’a pour l’heure réagi à l’annonce faite à Goma hier. »
Jusqu’à présent, pointe encore Jeune Afrique, « la C64 soutenait l’idée d’un dialogue inclusif qui impliquerait à la fois Joseph Kabila et l’AFC/M23. Le pouvoir a toujours catégoriquement refusé cette condition. Le lancement de la nouvelle rébellion confortera probablement le président Tshisekedi dans son approche. Et place en tout cas le reste de l’opposition face à un choix décisif : suivre la voie empruntée par l’ex-président, désormais clairement associé à la rébellion, ou s’en désolidariser entièrement, en espérant peser dans la rue face au pouvoir dans la perspective d’un dialogue. »
La rébellion va-t-elle passer à l’offensive ?
Le Monde Afrique s’interroge sur la suite des événements : « jusqu’où ira celui qui, en 1997, a participé au côté de son père, l’ancien président Laurent-Désiré Kabila, à la campagne militaire lancée depuis l’Est pour prendre Kinshasa et renverser le dictateur Mobutu Sese Seko ? Pour Trésor Kibangula, analyste politique au centre de réflexion congolais Ebuteli, interrogé par le journal, “si une partie de la direction de l’AFC/M23 semble pouvoir s’accommoder du statu quo actuel, en consolidant son contrôle sur des villes comme Goma et Bukavu, une autre frange paraît depuis longtemps favorable à la poursuite de l’offensive, notamment vers le Sud. Joseph Kabila semble davantage proche de cette seconde orientation, souligne le chercheur. La création du FRN pourrait donc favoriser une relance de cette progression vers le Sud“. »
Et puis, souligne encore Le Monde Afrique, « l’une des principales inconnues de la nouvelle équation posée par la création du FRN est celle de l’avenir du processus de paix de Doha, signé en novembre 2025 par le M23 et Kinshasa. Le M23 dissout, la nouvelle coalition reprendra-t-elle les engagements actés dans cet accord-cadre – tels que la mise en place d’un cessez-le-feu permanent ? De son côté, le gouvernement acceptera-t-il de continuer à négocier avec un nouveau chef de rébellion qui a été condamné à mort par contumace ? » Rien n’est moins sûr… - « De la rébellion au pouvoir, puis du pouvoir à la rébellion », s’exclame le site congolais Beto. « L’ancien président de la République, Joseph Kabila revient au premier plan sous la bannière d’un mouvement politico-militaire » : le FRN, le Front pour la refondation de la Nation, et ce « aux côtés de dirigeants de l’AFC/M23 », la rébellion de l’est.
Kabila patron de la rébellion, ça n’est pas une surprise, relève Beto : « Les (premières) accusations de Félix Tshisekedi contre Joseph Kabila remontent à août 2024. Dans un entretien accordé à Top Congo depuis Bruxelles, le président congolais avait accusé son prédécesseur de préparer une insurrection après avoir boycotté le processus électoral de 2023. Il lui attribuait alors un rôle central dans l’Alliance fleuve Congo : “l’AFC, c’est bien lui“, affirmait-il. Début 2025, à Munich, Tshisekedi avait renouvelé ses accusations, présentant Kabila comme le commanditaire d’une opposition armée ayant, selon lui, fomenté avec le Rwanda une entreprise contre la République. »
En tout cas, pointe encore Beto, « ce retour à la rébellion renvoie aussi aux origines du parcours de Joseph Kabila. En 1996, il avait rejoint l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (l’AFDL), menée par son père Laurent-Désiré Kabila contre le régime de Mobutu. Il s’était notamment vu confier la direction des opérations sur l’axe Kisangani. Près de trente ans plus tard, il retrouve le terrain politico-militaire, cette fois à la tête de sa propre structure. »
La « congolisation » de la rébellion…
« Loin d’être une surprise pour les observateurs, ce changement d’étiquette était documenté, relève également Le Journal de Kinshasa. Dans son rapport final de juin dernier, le Groupe d’experts de l’ONU sur la RDC alertait déjà sur une possible restructuration de l’AFC/M23 avec changement de nom et une montée en puissance de Joseph Kabila à des fonctions de premier plan. Les experts notaient également un enjeu stratégique, note encore Le Journal de Kinshasa : mettre en avant une figure congolaise comme Kabila permettait de présenter la rébellion comme un problème interne congolais et d’occulter le rôle du Rwanda, accusé par l’ONU et les occidentaux de soutenir le M23. Le Rwanda qui a toujours nié sa responsabilité. »
Justement, pointe Afrikarabia, site spécialisé sur la RDC, « la question est maintenant de savoir ce que Kigali compte faire de cette situation inédite. Faute d’alternative, le Rwanda s’est résolu à laisser faire Joseph Kabila, même si les objectifs des rebelles d’aller jusqu’à Kinshasa pour prendre le pouvoir sont loin d’être ceux de Kigali, échaudée par les expériences passées. L’entrée de Kabila dans la danse permet surtout au turbulent voisin de minimiser son implication dans le conflit pour faire de la nouvelle rébellion un mouvement congolais répondant à des problèmes congolais. Et terminer la “congolisation“ de la rébellion. Le Rwanda espère ainsi desserrer l’étau des sanctions internationales. »
Les élections ou la kalachnikov…
Afrikarabia note encore que « le Front pour la Refondation de la Nation constitue le énième avatar d’un cycle de rébellions qui semble sans fin. Après l’AFDL à la fin des années 90, se sont succédé le RCD, le CNDP, le M23 première version, puis le M23 deuxième version en 2022. Aujourd’hui, c’est donc un ancien président qui reprend le chemin des armes au Congo, validant encore une fois l’adage qu’il n’y a que deux façons de prendre le pouvoir à Kinshasa : en tripatouillant les élections ou en prenant la kalachnikov. »
Hier, lors de la conférence de presse à Goma annonçant la création du Front pour la refondation de la Nation, Joseph Kabila ne s’est pas directement exprimé. Il l’avait fait vendredi dernier lors d’une allocution télévisé de 20 minutes. 20 minutes au cours desquelles, « l’ancien président a déroulé ses griefs contre le pouvoir de Tshisekedi, rapporte Le Point Afrique. Sans jamais nommer son successeur, il avait brossé un portrait à charge du régime actuel. “Le Congo n’est plus une République, encore moins une démocratie“, avait-il lancé, mais “une dictature“. (…) Quelques heures plus tard, note encore Le Point Afrique, Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement congolais, avait répliqué en qualifiant Joseph Kabila d’“homme du passé“ qui “n’a rien d’autre à offrir que le chaos“, le décrivant comme un “nostalgique de méthodes antidémocratiques“ et un “auteur de crimes connus“. » - De plus en plus souvent, la menace vient du ciel. Et cette menace pèse autant pour les jihadistes que pour les FAMa, les Forces armées maliennes. Témoin, rapporte le site Sahara Media, cette attaque hier dimanche menée par le FLA, le Front de libération de l’Azawad, contre un camp des Forces armées maliennes à Soumbé, dans la région de Tombouctou.
« Le porte-parole du mouvement, Mohamed Mouloud Ramdane, a déclaré que l’attaque avait été menée à l’aide d’un drone suicide, précise le site, et a diffusé une photo de la cible, qu’il a affirmé avoir été détruite. Il s’agit de la première action du Front de libération de l’Azawad depuis son retrait de Kidal, ville du nord-est du Mali, reprise sans résistance par l’armée malienne ».
Le FLA qui « soutient, pointe encore Sahara Media, que son recours aux technologies modernes, notamment aux drones, est une adaptation nécessaire à une réalité complexe du champ de bataille, où les forces locales sont confrontées à des capacités militaires inégales. Par conséquent, l’utilisation de ces technologies relève de ce que l’on peut qualifier d’un auto-développement des capacités ».
Formés par les Ukrainiens…
Pour sa part, le GSIM, le Groupe de soutien de l’islam et des musulmans, qui se bat aux côtés des indépendantistes touaregs, utilise aussi des drones. Et, affirme Le Monde Afrique, « les combattants du GSIM ont été formés au maniement de ces engins volants par les services de renseignement ukrainiens, désireux de frapper les intérêts de Moscou, allié du pouvoir malien ».
Fin septembre, précise le journal, « des drones ont visé un convoi d’Africa Corps, le dispositif du ministère de la défense russe en Afrique, qui patrouillait à quelques kilomètres à l’est de Niono, dans le centre du Mali. Dès le lendemain, l’attaque était revendiquée par le GSIM. Images de propagande à l’appui, la franchise sahélienne d’al-Qaida a affirmé qu’elle avait fait “sept morts et blessés“ dans les rangs russes. À l’instar de nombreux autres groupes armés à travers la planète, le GSIM a de plus en plus recours à des drones légers et bon marché quadricoptères, équipés de charges explosives ou non, lors de ses opérations à travers le Sahel. Selon l’ONG Acled, précise encore Le Monde Afrique, l’organisation du Malien Iyad Ag Ghali a mené 130 attaques avec des drones au Mali et au Burkina Faso, où elle est déjà solidement implantée, mais aussi au Togo et au Niger, où elle tente de prendre pied, depuis septembre 2023, date de leur première utilisation lors d’un assaut contre le village de Korondali, dans la région malienne de Bandiagara ».
Et « comme les jihadistes, les rebelles du FLA ont recours à des drones, confirme Le Monde Afrique. Courant 2024, les services de renseignement ukrainiens, spécialistes en la matière et désireux de frapper les intérêts de Moscou sur tous les théâtres, les ont (donc) formés au maniement de ces armes aériennes. De quoi, pointe le journal, alimenter les critiques de ceux qui, au regard de la porosité entre les deux groupes, estiment que cela revient à fournir cette technologie à al-Qaida ».
Fournis par les Russes…
Pour leur part, l’armée malienne et les supplétifs russes ont des drones militaires bien plus sophistiqués, comme les drones armés TB2 et Akinci, du constructeur turc Baykar, ou les drones iraniens kamikazes Shahed, capables de voler pendant plus de 24 heures ou de mener des frappes à plus de 1 000 kilomètres de distance. Des drones qui ont sans doute joué un rôle important lors de la reprise de Kidal la semaine dernière par les FAMa. En effet, signale le site Sahel Horizons, des frappes de drones ont été signalées jusqu’aux abords de la frontière avec l’Algérie, près de Tinzawaten. C’est ce qui a d’ailleurs très certainement amené Alger à inciter les indépendantistes « à ne pas sanctuariser la ville de Kidal, plus au sud, afin d’éviter une bataille urbaine destructrice à sa porte et un afflux massif de réfugiés sur son territoire ». - « Vers le report des élections du 6 décembre en Guinée-Bissau ? » Afrik.com et Africanews posent la même question en Une de leur site internet. Afrik.com ajoute même une autre question : « La junte prend-elle goût au pouvoir ? »
« Annoncées pour le 6 décembre, poursuit le journal en ligne, les élections présidentielles et législatives censées mettre fin à la transition militaire sont désormais sérieusement compromises. La commission électorale et le Premier ministre de la transition reconnaissent que les conditions techniques et politiques ne sont pas réunies (…) Aucune candidature n’a encore été enregistrée et plusieurs formations politiques n’ont pas renouvelé leurs instances dirigeantes ».
Suspicion
Un éventuel report des élections qui pose toutefois question. « Après près d’un an de pouvoir militaire, remarque Afrik.com, le report des élections risque de raviver les interrogations sur les intentions du général Horta N’Tam, qui a pris la tête de la transition après le coup d’État du 26 novembre 2025 ».
Car, rappelle le journal en ligne, « début octobre, la junte a empêché Umaro Sissoco Embalo de rentrer au pays. L’ancien président, exilé depuis le coup d’État, souhaitait revenir et se présenter à la Présidentielle. Les autorités militaires ont invoqué des questions de sécurité ». « Dans le même temps (…) la garde présidentielle réputée proche d’Embalo a été désarmée et plusieurs responsables gouvernementaux ont été remplacés ».
Conclusion d’Afrik.com : « Rien ne permet, à ce stade, d’affirmer que les militaires cherchent définitivement à conserver le pouvoir. Mais chaque report électoral accroîtrait mécaniquement cette suspicion ».
Finale de la CAN 2025
C'est hier qu'avait lieu à Lausanne l'audience du TAS, le Tribunal Arbitral du Sport, sur la finale de la CAN 2025 entre le Sénégal et le Maroc. On ne s’attendait pas hier à une décision, dont on ne sait d’ailleurs pas quand elle pourrait intervenir. Il n’empêche, la moindre information est guettée avec attention.
Afrikfoot se propose ainsi de nous révéler « ce qui a fuité des échanges du TAS », expliquant notamment que le Maroc « aurait réaffirmé son attachement aux articles 82 et 84 de la CAN, relatifs notamment à l’abandon du terrain et aux sanctions qui peuvent en découler ». De son côté, « la défense du Sénégal mettrait en avant la souveraineté des décisions de l’arbitre. Son argument : la rencontre a repris et s’est disputée jusqu’à son terme sous l’autorité du corps arbitral ».
Réactions diverses
Au Sénégal et au Maroc, la presse commente également l’audience du Tribunal Arbitral du Sport à Lausanne. Hespress, au Maroc, explique ainsi que « la partie marocaine a choisi la réserve (…) la délégation marocaine a préféré ne faire aucun commentaire après l’audience, s’abstenant de communiquer sur le contenu des plaidoiries ou sur les échanges qui ont eu lieu dans la salle ».
Côté sénégalais, en revanche, Abdoulaye Seydou Sow, le secrétaire général de la Fédération Sénégalaise de Football, s’est montré un peu plus loquace. « Nos avocats, a-t-il assuré, ont présenté notre plaidoirie, ont présenté toutes nos observations et ont été entendus par la formation arbitrale », rapporte Walfnet.
Le secrétaire général de la FSF ajoutant : « Je ne peux pas dire ce qu’il s’est réellement passé car c’est un secret de délibération. Mais je peux assurer que le Sénégal s’est bien défendu ».
Reste une question : quand la décision du TAS sera-t-elle rendue ? Selon Hespress, Matthieu Reeb, le directeur général du TAS, a assuré que le tribunal « entendait rendre sa décision dans les meilleurs délais ». Toutefois, précise Hespress, « aucun calendrier officiel n’a, à ce stade, été communiqué ». - Cela s'est passé ce mercredi, à Maurice. « Après près d'une décennie de pourparlers », l'Union africaine lance sa propre agence de notation : L'Agence de notation financière d'Afrique, l'AfCRA, « dont l'objectif est de remédier aux évaluations des établissements traditionnels, européens ou américains, perçues comme injustes et qui ont pour conséquence le renchérissement des emprunts des pays du continent », explique le média sénégalais Seneweb.
En quoi c'est un enjeu pour le continent ? Les noms de S&P, Moody’s ou Fitch, ne parlent sans doute pas à grand monde, mais ces agences de notation « déterminent le coût auquel États et entreprises s’endettent sur les marchés obligataires [d’emprunt] », explique Forbes Afrique. Pour cela, elles évaluent, et donnent des notes. Concrètement, ces notes déterminent « le nombre de routes, d’hôpitaux, de centrales électriques, de zones industrielles et d’entreprises pouvant être financés », précise le magazine panafricain African Business.
Un calcul souvent faussé pour l’Afrique
« Certains experts estiment que ces grandes agences négligent par exemple l'important secteur informel de l'Afrique, invisible dans les données officielles », rappelle Seneweb. « Malgré un faible taux de défaut de paiement, l’Afrique, un marché émergent où les liquidités sont rares, emprunte aux taux les plus élevés du monde », analyse de son côté African Business. Pour le journal, c’est la raison pour laquelle « la création de l’AfCRA mérite de l’attention ».
L'Union africaine promet que son agence de notation « fonctionnera de manière indépendante », note le mensuel panafricain Afrimag. Reste cependant à savoir si l'agence de notation africaine parviendra à persuader les investisseurs et les marchés que ses évaluations sont dignes de la même confiance que celle dont bénéficient les agences traditionnelles », tempère Seneweb. Et selon Afrimag, qui qualifie l'AfCRA de « fausse bonne idée », « rien n’est moins sûr : une ombre d’indépendance planera toujours sur cette structure. Les premiers crash-tests surviendront inévitablement lorsqu’il faudra attribuer des notations gênantes à des États actionnaires. « Si cela n'arrive pas », prévient Seneweb, les créanciers risquent de considérer que l'Afrique est juge et partie ».
Un jugement attendu en Suisse, pour répondre à une question : qui est le champion d'Afrique de foot ?
Presque neuf mois après la finale de la Coupe d'Afrique des nations 2025, « le feuilleton judiciaire autour du match entre le Maroc et le Sénégal franchira une nouvelle étape majeure ce jeudi à Lausanne, en Suisse », déclare le journal marocain Le Matin. « Il y a des matchs qui se terminent au coup de sifflet final. Et puis il y a Maroc-Sénégal. Celui-là refuse décidément de prendre sa retraite », juge son compatriote, le 360.
Le terme de victoire, c'est la presse sénégalaise qui se le réserve, en rappelant qu'à la fin de ce match hors-norme et marqué par les tensions, c'est son équipe nationale qui a soulevé le trophée, avec le score d'un but à zéro. Une finale donc « remportée sur le terrain par le Sénégal et attribuée au Maroc par la CAF sur tapis vert », estime Seneplus à Dakar. « C'est la Fédération sénégalaise de football qui a saisi le tribunal arbitral du sport à Lausanne, contestant la décision du jury d'appel de la confédération », poursuit le titre, et « deux logiques s'affrontent ». Pour avoir quitté la pelouse afin de dénoncer un penalty, les Sénégalais ont été déclarés forfaits malgré leur victoire face aux Marocains. Depuis, chacune des sélections revendique le titre continental : les premiers s’estiment vainqueurs sur le terrain, les seconds au nom du droit.
« Le droit, tout le droit, rien que le droit », revendique même le 360, qui estime que « la meilleure posture marocaine est probablement celle qui consiste à faire exactement ce qu’une juridiction attend d’une partie, à savoir plaider le droit, documenter les faits et laisser les émotions à la porte du tribunal ». Le tribunal jouera donc à nouveau ce match dans un décors inédit, conclut le journal marocain : « Un micro, une Confédération, deux fédérations et trois arbitres. Voilà le casting. Le football peut parfois produire des scénarios que même Hollywood n’oserait pas écrire ».
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Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font l'actualité de l’Afrique.
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