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Pourquoi ne faut-il pas croire les calories affichées par votre montre connectée ?
08/09/2026 | 2 mins.Vous venez de courir pendant une heure et votre montre connectée vous annonce fièrement : 600 calories brûlées. Mauvaise nouvelle : ce chiffre peut être assez éloigné de la réalité.
C’est ce que montre une étude publiée en juillet 2026 dans la revue scientifique PLOS ONE.
Des chercheurs de l’Université internationale de Floride, dirigés par le kinésiologue Jason Kostrna, ont testé quatre appareils très répandus : l’Apple Watch Series 8, la Garmin Forerunner 955, la Samsung Galaxy Watch 5 et la Fitbit Sense 2.
58 adultes ont effectué un exercice sur un vélo d’appartement, à différentes intensités.
Pendant l’effort, les chercheurs ont comparé les calories annoncées par les montres à celles mesurées par un appareil professionnel, le COSMED K5.
Celui-ci utilise une technique appelée « calorimétrie indirecte ». Concrètement, il analyse notamment l’oxygène consommé et le dioxyde de carbone rejeté par la respiration. Cela permet d’estimer beaucoup plus précisément l’énergie réellement dépensée par l’organisme.
Résultat : les montres étaient loin d’être parfaitement fiables.
Selon les modèles, l’erreur absolue médiane sur les calories dépensées se situait autour de 15 à 25 %. Certains appareils avaient notamment tendance à surestimer la dépense énergétique.
Pourquoi ?
Parce qu’une montre ne mesure pas directement les calories. Elle les calcule à partir d’informations comme votre âge, votre sexe, votre poids, vos mouvements et surtout votre fréquence cardiaque.
Cette dernière est généralement mesurée grâce à des LED situées sous la montre. Elles éclairent la peau et permettent de détecter les variations du volume sanguin provoquées par les battements du cœur. Cette technique s’appelle la photopléthysmographie.
Mais le signal peut être perturbé par les mouvements, le contact de la montre avec la peau ou certaines caractéristiques corporelles.
L’étude révèle justement un phénomène particulièrement intéressant : plus le pourcentage de graisse corporelle augmentait, plus l’erreur dans l’estimation des calories avait tendance à augmenter.
Cela ne signifie pas que votre montre est inutile. Elle peut être très pratique pour suivre votre activité physique ou comparer vos entraînements au fil du temps.
Le problème apparaît lorsqu’on considère son estimation calorique comme une mesure exacte.
Imaginez que votre montre vous annonce 600 calories dépensées et que vous décidez de manger 600 calories supplémentaires pour « compenser ». Avec une erreur de 20 %, votre calcul peut rapidement devenir faux.
La bonne façon d’utiliser ces chiffres est donc de les considérer comme des estimations, et surtout comme des outils de comparaison.
Votre montre sait très bien compter les secondes.
Pour les calories, en revanche, elle fait surtout… une estimation.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.- On pensait jusqu’ici que la naissance de la Lune avait été une histoire relativement longue. Mais des simulations informatiques suggèrent un scénario beaucoup plus spectaculaire : notre satellite aurait pu se former, pour l’essentiel, en quelques heures seulement.
Pour comprendre, remontons environ 4,5 milliards d’années en arrière.
La Terre est alors très jeune. Selon l’hypothèse aujourd’hui dominante, elle entre en collision avec un autre astre, souvent appelé Théia, probablement de taille comparable à Mars. Le choc est gigantesque. Une partie des roches des deux corps est projetée dans l’espace.
Dans le scénario classique, ces matériaux forment d’abord un immense disque de débris autour de la Terre. Puis, progressivement, sous l’effet de la gravité, les morceaux s’agglomèrent. Après des mois, voire des années, ils finissent par former la Lune.
Mais des chercheurs de la NASA et de l’université de Durham ont réalisé des simulations beaucoup plus détaillées de cette collision. Et ils ont découvert qu’un autre scénario était possible.
Dans certaines simulations, l’impact arrache immédiatement une énorme quantité de matière. Celle-ci ne forme pas seulement une multitude de petits débris : elle s’assemble très rapidement en un corps de taille comparable à la Lune.
Plus étonnant encore, ce corps peut être placé directement sur une orbite suffisamment éloignée de la Terre pour survivre.
Tout cela se déroule en quelques heures. Dans certaines simulations, environ cinq heures après la collision, un objet ressemblant déjà fortement à notre Lune existe autour de la Terre.
Pourquoi cette découverte est-elle importante ?
Parce qu’elle pourrait résoudre une vieille énigme.
Les roches rapportées par les missions Apollo ont montré que la composition de la Lune ressemble énormément à celle du manteau terrestre. Or, dans certains anciens modèles de l’impact géant, la Lune devait être constituée en grande partie de matière provenant de Théia. Il fallait donc expliquer pourquoi Terre et Lune étaient chimiquement si semblables.
Dans le nouveau scénario, une proportion importante de matière terrestre peut être directement incorporée dans la future Lune. Leur ressemblance devient alors plus facile à expliquer.
Attention cependant : cette simulation ne prouve pas que la Lune s’est réellement formée en cinq heures.
Elle démontre qu’un tel scénario est physiquement possible.
La naissance de la Lune n’aurait donc peut-être pas ressemblé à une lente construction à partir de millions de débris. Elle aurait pu être extraordinairement brutale : une collision titanesque, quelques heures de chaos gravitationnel… et, autour de la jeune Terre, une Lune déjà presque formée.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. Comment une femme subalterne a-t-elle conduit à une découverte majeure en cosmologie ?
04/09/2026 | 2 mins.À la fin du XIXe siècle, l’observatoire de Harvard, aux États-Unis, accumule des milliers de photographies du ciel. Problème : il faut ensuite examiner ces plaques de verre, identifier les étoiles et mesurer leur luminosité. Un travail extrêmement répétitif.
Pour l’effectuer, l’observatoire recrute principalement des femmes. On les appelle les « Harvard Computers », autrement dit les « calculatrices de Harvard ».
À l’époque, ce travail est considéré comme subalterne. Ces femmes sont nettement moins payées que les astronomes masculins et n’ont généralement pas accès aux télescopes. Pourtant, parmi elles se trouve une femme qui va fournir l’un des outils les plus importants de l’astronomie moderne : Henrietta Swan Leavitt.
Leavitt étudie notamment des étoiles particulières appelées Céphéides. Leur luminosité n’est pas constante : elles deviennent régulièrement plus brillantes, puis plus faibles. Elles « pulsent » en quelque sorte selon un rythme précis.
En examinant des Céphéides situées dans le Petit Nuage de Magellan, une galaxie satellite de la Voie lactée, Leavitt remarque quelque chose d’extraordinaire.
Plus une Céphéide met du temps à effectuer un cycle complet, plus elle est réellement lumineuse.
Autrement dit, il existe une relation mathématique entre la période de pulsation de l’étoile et sa luminosité intrinsèque.
Pourquoi est-ce si important ?
Parce que cela permet de mesurer des distances dans l’Univers.
Imaginez que vous connaissiez la puissance réelle d’une ampoule. Si elle vous paraît très faible, vous pouvez en déduire qu’elle est éloignée. C’est exactement le principe utilisé avec les Céphéides.
En mesurant leur période de pulsation, les astronomes peuvent déterminer leur luminosité réelle. Puis, en comparant celle-ci à la luminosité observée depuis la Terre, ils peuvent calculer leur distance.
Les Céphéides deviennent ainsi de véritables « chandelles standards » cosmiques.
Et cette découverte va avoir des conséquences immenses.
Dans les années 1920, Edwin Hubble utilise notamment les Céphéides pour établir que certaines « nébuleuses » sont en réalité des galaxies situées très loin en dehors de la Voie lactée.
Puis, en combinant les distances des galaxies avec les mesures de leur décalage vers le rouge, Hubble met en évidence en 1929 une relation fondamentale : plus une galaxie est éloignée, plus elle s’éloigne rapidement de nous.
C’est l’une des grandes preuves de l’expansion de l’Univers.
Ainsi, une tâche répétitive, mal payée et considérée comme secondaire a fourni l’un des instruments essentiels permettant de mesurer l’Univers.
Et derrière cette révolution se trouvait une femme longtemps restée dans l’ombre : Henrietta Swan Leavitt.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.- La question peut faire sourire, mais des chercheurs de l’Université de l’Alberta, au Canada, ont réellement tenté d’y répondre. Et pour cela, ils ont utilisé une méthode particulièrement ingénieuse : ils n’ont pas recherché directement l’urine, mais… un édulcorant artificiel.
L’étude, publiée en 2017 dans la revue Environmental Science & Technology Letters, portait sur plus de 250 échantillons d’eau provenant de 31 piscines et bains à remous de deux villes canadiennes.
Le problème des scientifiques était le suivant : comment savoir quelle quantité d’urine a été introduite dans une piscine ?
L’urine se mélange immédiatement à des centaines de milliers de litres d’eau et ses composants peuvent être transformés par les produits désinfectants. Il fallait donc trouver une substance présente dans l’urine mais suffisamment stable pour rester détectable.
Les chercheurs ont choisi l’acésulfame K.
Il s’agit d’un édulcorant artificiel présent dans de nombreux aliments et boissons sans sucre. Son intérêt est que notre organisme ne le métabolise pratiquement pas. Après avoir été consommé, il est absorbé puis éliminé dans les urines sous une forme quasiment inchangée.
L’acésulfame K peut donc servir de véritable marqueur chimique de l’urine.
Et les chercheurs en ont retrouvé dans tous les échantillons provenant des piscines et bains à remous étudiés, parfois à des concentrations jusqu’à 570 fois supérieures à celles de l’eau du robinet utilisée pour les remplir.
Ils ont ensuite suivi deux piscines pendant trois semaines.
La première contenait environ 420 000 litres d’eau. Les chercheurs ont estimé qu’environ 30 litres d’urine avaient été nécessaires pour expliquer la concentration d’acésulfame K mesurée.
La seconde piscine était deux fois plus grande, avec environ 830 000 litres d’eau. Cette fois, l’estimation atteignait environ 75 litres d’urine.
Cela représente moins d’un centième de pour cent du volume total de la piscine. Mais le problème n’est pas seulement psychologique.
L’urine contient notamment de l’urée, de l’ammoniaque et des acides aminés. Ces molécules peuvent réagir avec le chlore et produire différents sous-produits de désinfection, notamment des chloramines. Certaines sont responsables de l’irritation des yeux et des voies respiratoires que l’on peut ressentir dans les piscines.
Il faut toutefois préciser que les chiffres de 30 et 75 litres restent des estimations. Ils dépendent notamment de la quantité moyenne d’acésulfame K présente dans l’urine humaine.
Mais cette expérience démontre au moins une chose : lorsqu’on demande aux nageurs de passer aux toilettes avant d’entrer dans une piscine, ce n’est pas seulement une question de savoir-vivre. C’est aussi une question de chimie.
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