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Le Nouvel Esprit Public

Philippe Meyer
Le Nouvel Esprit Public
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  • Le Nouvel Esprit Public

    Municipales : antichambre de 2027 ou élections locales ? / Quatre années de guerre : effets sur la Russie

    01/03/2026 | 1h 2 mins.
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    Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 27 février 2026.

    Avec cette semaine :

    Akram Belkaïd, journaliste au Monde diplomatique.
    Nicole Gnesotto, vice-présidente de l’Institut Jacques Delors.
    Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.
    Lucile Schmid, présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit.

    MUNICIPALES : ANTICHAMBRE DE 2027 OU ÉLECTIONS LOCALES ?

    Les élections municipales se tiendront les 15 et 22 mars prochains. Il s’y mêlera enjeux locaux et nationaux, peut-être d’autant plus que, cette année, le vote se tient tout juste un an avant l'élection présidentielle, un cas de figure qui ne s'est présenté qu'en 1965 et en 2001.
    Selon Émeric Bréhier, directeur de l'Observatoire de la vie politique de la Fondation Jean Jaurès, si LFI et le RN ont beaucoup à gagner de ces élections et chercheront à en faire un enjeu national, à l’inverse, le PS et LR essaieront avant tout de conserver les villes qu’ils détiennent, pour montrer qu’ils restent des partis qui comptent, qui ont une base locale solide et surtout qu’ils peuvent avoir une carte à jouer lors de la présidentielle. Alors que les regards se concentrent beaucoup sur les grandes villes, l’un des enjeux de ces élections devrait être le sort de nombre de moyennes et de petites municipalités qui pourraient basculer à l’extrême droite, mais, le Rassemblement national aborde les municipales avec l’onction des sondages nationaux, mais un ancrage local toujours fragile. Le parti de Jordan Bardella détient moins de 15 villes, dont une seule de plus de 100.000 habitants. Officiellement : pas d’objectif chiffré avancé, ni de villes visées.
    Au Havre, l’ancien Premier ministre, Édouard Philippe candidat à la présidentielle 2027, a lui-même lié son destin national à cette échéance locale. Un pari risqué. « Si j’échouais à convaincre les Havrais (...), je ne serais pas dans une bonne position pour espérer convaincre les Français », a-t-il déjà prévenu. Dans le camp présidentiel, en revanche, on semble déjà vouloir oublier ce scrutin avant même qu'il n'ait lieu, tant il s'annonce comme un révélateur de la faiblesse du macronisme à l'échelle locale.
    Selon un sondage Odoxa-Mascaret publié mardi pour Public Sénat et la presse régionale, 55 % des Français souhaitent l'élection d'un autre maire plutôt que la réélection de leur maire actuel au scrutin des 15 et 22 mars. Cette aspiration au changement est motivée par des enjeux locaux, en premier lieu : 76 % des sondés affirment qu'ils se prononceront en fonction d'enjeux « spécifiques à leur commune », tandis que 24 % auront des enjeux nationaux en tête. Ce dernier score est en progression de 5 points par rapport au mois de novembre, preuve, pour l’institut de sondage que ces municipales, premières élections convoquées après les législatives anticipées de juin 2024, dessineront la ligne de départ de la campagne pour l'élection présidentielle. C'est parmi les sympathisants de LFI (28 %) et du RN (27 %) que se trouvent le plus d'électeurs qui choisiront leur maire avec l'Élysée en point de mire.

    QUATRE ANNÉES DE GUERRE : EFFETS SUR LA RUSSIE

    Après quatre ans de guerre en Ukraine, selon les évaluations concordantes des chercheurs et des services de renseignement occidentaux, on compte plus d’un million et demi de soldats russes hors de combat morts, blessés, prisonniers et disparus. Sur le terrain, d'après DeepState, collectif ukrainien de cartographie en sources ouvertes, la Russie a occupé en 2025 moins de 1 % du pays ukrainien. Analyses corroborées par l'Institut pour l'étude de la guerre. Mi-février, le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, évoquait environ 65.000 soldats russes tués ou blessés en l'espace de deux mois, qualifiant ces pertes de « folles ». Pour les alliés de l'Ukraine, ces chiffres interrogent la capacité de Moscou à maintenir durablement son effort de guerre sans décision politiquement risquée, comme une nouvelle vague de mobilisation.
    D’autant que l’économie russe se dégrade. Si au cours des premières années de guerre, dopée par le complexe militaro-industriel, l’économie russe a enregistré des croissances supérieures à la moyenne européenne, aujourd’hui, les signaux virent au rouge. Pour résorber la hausse du déficit budgétaire, qui devrait dépasser les 3,5 % à 4,4 % du PIB en 2026, le gouvernement doit financer un budget de la défense qui, en hausse de 30 % sur 2025-2027, engloutit 40 % des dépenses. Les revenus des hydrocarbures, qui composent l’habituel poumon économique du pays, s’effondrent à cause de la baisse des cours mondiaux et des effets des sanctions obligeant à vendre avec une décote. Le gouvernement cherche donc d’autres sources de revenus. Les consommateurs russes sont confrontés à l’inflation (5,6 % officiellement, bien au-delà de 10 % en réalité), la hausse des défauts de crédits bancaires, et la réduction des heures travaillées dans les usines.
    La guerre menée contre l’Ukraine s’accompagne d’une mise au pas de plus en plus violente de la société russe. Le taux de popularité de Vladimir Poutine ne semble pas fléchir : plus de 80 % des Russes disent approuver son action, selon Levada, le centre d’études d’opinion indépendant de l’Etat. Un chiffre à prendre cependant avec précaution comme dans tout pays où, sans liberté d’expression, les sondages sont menés dans un climat de peur et de délation. Sans opposition politique ni critiques dans la presse, sans société civile ni débats publics parmi les élites, cette popularité apparente cache une réalité : en quatre ans, la chape de plomb imposée par le Kremlin s’est alourdie. La répression ciblant une prétendue « cinquième colonne » s’est intensifiée : les défenseurs des droits humains recensent entre 3.000 et plus de 4.600 prisonniers politiques. Sur les écrans de télévision et sous les préaux des écoles, la propagande déroule son message : comme Staline, Poutine combat le nazisme ; comme durant la Grande Guerre patriotique, les opposants sont des traîtres.
    Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr

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  • Le Nouvel Esprit Public

    Bada : la fabrication humaine, avec Marie-Christine Delpech et Pascal Chind (2/2)

    25/02/2026 | 19 mins.
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    Une conversation entre Marie-Christine Delpech, Pascal Chind et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 13 février 2026.

    2 : Dans ce second épisode, les deux-coprésidents de l'association Fabrication humaine, Pascal Chind et Marie-Christine Delpech, nous expliquent l'importance de bien informer le public des conséquences de l'IA générative. Ils reviennent également sur certains de leurs partenariats, et sur les rencontres qui leur ont permis de faire avancer leur réflexion. Ils concluent en évoquant leur peur de la massification de la culture par les capacités infinies de l'IA, massification rimant avec automatisation, et donc homogénéisation.
    Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr

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    Après Munich, peut-on dire que la doctrine internationale de Trump a changé ? / Déclassement économique français : réalités, perceptions, perspectives

    22/02/2026 | 1h 4 mins.
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    Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 20 février 2026.

    Avec cette semaine :
    Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.
    Matthias Fekl, avocat et ancien ministre de l’Intérieur.
    Antoine Foucher, président de la société de conseil Quintet, spécialiste des questions sociales.
    Nicole Gnesotto, vice-présidente de l’Institut Jacques Delors.

    APRÈS MUNICH, PEUT-ON DIRE QUE LA DOCTRINE INTERNATIONALE DE TRUMP A CHANGÉ ?

    Du 13 au 15 février, le gotha des chefs d'État, généraux et chefs des services de renseignement s'est retrouvé lors de la 62ème conférence de Munich sur la sécurité qui se tient tous les ans dans la ville allemande au mois de février. Un an après le discours agressif vis-à-vis de l’Europe du vice-président JD Vance, les États-Unis ont envoyé à Munich des figures jugées plus modérées : le secrétaire d’État Marco Rubio et le sous-secrétaire à la Défense Eldridge Colby. Récemment, en présentant sa nouvelle Stratégie de sécurité nationale, le président américain s’était livré à une attaque en règle contre les Européens, menacés selon lui d’un « effacement civilisationnel ».
    Dans la première partie de son discours, prononcé le 14 février, Marco Rubio a d’abord « rassuré », en affirmant la permanence d’un lien transatlantique façonné par l’histoire et l’héritage culturel. Le chef de la diplomatie américaine a préféré citer la bière allemande, Beethoven et les Beatles plutôt que les Lumières, mais il a dit ce que cette assemblée voulait entendre : « La fin de l’ère transatlantique n’est ni notre but ni notre souhait. Nous serons toujours des enfants de l’Europe. »
    Puis, dans une seconde partie Marco Rubio a repris les thèmes de l’idéologie MAGA (« Make America Great Again »). Tout en prônant la revitalisation du lien avec une Europe « forte », le secrétaire d’État américain n’a pas changé de cap sur la menace qui, selon son administration, plane sur l’Occident. Les États-Unis sont « prêts, si nécessaire, à agir seuls », mais « nous préférons et espérons agir avec vous, nos amis ici en Europe », a-t-il assuré. Reflet de l’idéologie MAGA, Marco Rubio a énuméré les maux qui selon Washington accablent l’Europe : l’« immigration de masse » qui « déstabilise les sociétés », la « désindustrialisation », le développement intempestif de « l'État providence » et le « culte du climat ». Il a invité les Européens à s’associer aux efforts de M. Trump de redressement de « la civilisation occidentale » et prononcé un éloge marqué de la chrétienté. Par ailleurs, le responsable américain a réitéré la position de l’administration Trump selon laquelle l’ONU n’a joué « pratiquement aucun rôle » dans la résolution des conflits et a appelé à une réforme des institutions mondiales.
    Pour la presse allemande et française, le message de Marco Rubio ne différait pas tellement de celui du vice-président J. D. Vance. Si le ton était plus courtois, le fond du discours des responsables américains en revanche n’a guère changé. D’ailleurs, après Munich, Marco Rubio est allé soutenir des partenaires plus réceptifs à l’idéologie MAGA et plus rétifs aux valeurs européennes, en Slovaquie puis en Hongrie.

    DÉCLASSEMENT ÉCONOMIQUE FRANÇAIS : RÉALITÉ, PERCEPTION, PERSPECTIVES

    Pour la troisième année consécutive, selon l'Insee, le PIB par habitant de la France se situe en dessous de la moyenne de l'Union européenne, consacrant un déclassement économique progressif mais désormais tangible. La France se situe au 34ème rang mondial et est désormais inférieure de 7 % à la moyenne européenne. Elle est notamment en retrait de 25 % par rapport à celle du Danemark, de 20 % par rapport à celle de la Suède, de 15 % par rapport à celle de l’Allemagne, de 0,5 % par rapport à celle de l’Italie. Par ailleurs, l’écart favorable vis-à-vis de la Pologne a été réduit de 60 % à 20 % depuis 2000. En clair, le niveau de vie des Français est bien inférieur à celui des Irlandais, des Allemands, des Belges et à peine supérieur à celui des Italiens, des Tchèques ou des Slovènes.
    Des données qui corroborent le dernier sondage Ipsos-BVA sur les « Fractures françaises » publié en octobre dans lequel 90 % des personnes interrogées ont le sentiment que le pays est en déclin, 32 % estimant même que celui-ci est irréversible. Dans le sondage Odoxa pour Challenges-Agipi-BFM Business du 8 janvier, 82 % des Français se montrent « défiants » sur la situation économique du pays. Avec de tels résultats, « la peur du déclassement atteint un niveau record », note Odoxa. 6 Français sur 10 estiment que leur situation sociale est pire que celles de leurs parents et 70% des 1.005 sondés parient que leurs enfants vivront moins bien qu’eux. C’est 3 points de plus qu’il y a un an et 22 de plus qu’il y a 30 ans. Ces résultats rejoignent les dernières enquêtes de conjoncture de l’Insee, selon lesquelles 64 % des Français ont une vue négative de l’avenir économique du pays. Il y a quelques années, ils n’étaient « que » 38 %. Cependant, l’enquête de l’Insee révélait mi-décembre que 74 % de ces sondés jugent que leur situation personnelle s’améliorera ou se stabilisera. Un niveau qui n’a pas changé au fil des ans.
    Dans un document publié le 6 janvier, les économistes de BNP Paribas estiment que le PIB pourrait progresser de 1,1 % sur l’année 2026. Sur le plan intérieur, la faiblesse de l’inflation pourrait soutenir le pouvoir d’achat et la consommation. « Une croissance résiliente mais pas suffisante », juge le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau. Notre taux de chômage reste plus élevé que celui atteint en moyenne dans l'Union européenne (6 %), avec des taux d'emploi préoccupants pour les jeunes et les seniors. L'emploi devrait progresser très faiblement, et le chômage remonter à 7,8 % à la mi-2026. Cette année encore, la grande incertitude concerne le comportement des ménages. S'il n'y a pas un redémarrage de la consommation, qui représente plus de la moitié du PIB, il sera difficile de trouver une dynamique. Pour l’heure, les ménages n'ont toujours pas puisé dans leur épargne qui se maintient à un niveau historiquement élevé (18,4 % du revenu disponible au troisième trimestre 2025).
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    Bada : la fabrication humaine, avec Marie-Christine Delpech et Pascal Chind (1/2)

    18/02/2026 | 21 mins.
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    Une conversation entre Marie-Christine Delpech, Pascal Chind et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 13 février 2026.

    1 : Dans ce premier épisode, Marie-Christine Delpech et Pascal Chind nous présentent les origines de leur association Fabrication humaine, et du label associé, conféré sur simple déclaration des auteurs, qui jurent de ne pas avoir eu recours à l'IA générative. Plutôt que de contrôler et punir, ils préfèrent ainsi défendre et valoriser ce qui fait, pour eux, "l'essence de notre humanité".
    Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr

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    Après le vote du budget, l’immobilisme jusqu’en 2027 ? / Quel sera le Japon de Sanae Takaichi ?

    15/02/2026 | 1h 5 mins.
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    Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 13 février 2026.

    Avec cette semaine :

    Nicolas Baverez, essayiste et avocat.
    Akram Belkaïd, journaliste au Monde diplomatique.
    Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.
    Michaela Wiegel, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung.

    APRÈS LE VOTE DU BUDGET, L’IMMOBILISME JUSQU’EN 2027 ?

    Après plusieurs mois de débats, le budget 2026 a finalement été adopté, le 2 février, par l’Assemblée nationale. Le 7 février, dans un entretien accordé à la presse régionale, le Premier ministre a déclaré vouloir faire taire l’idée d’une année stérile. Il entend avancer, sans rien changer à sa méthode, et sans un regard – assure-t-il – sur la présidentielle. Une façon de tenir l’engagement d’Emmanuel Macron d’une année 2026 « utile » et de faire mentir l’ancien chef du gouvernement Edouard Philippe, qui annonçait au début de cette année que « plus rien de décisif ne se produira[it] dans le pays d’ici à la prochaine élection présidentielle ».
    Refusant d’être taxé d’immobilisme, le Premier ministre a déroulé une série de projets qu’il entend mener à bien au cours de l’année. Prudent, il a décidé de contourner le Parlement et de passer par la voie réglementaire sur deux sujets clivants : la programmation pluriannuelle de l’énergie, et l’aide médicale de l’Etat aux immigrés sans papiers, Parmi ses autres projets, le Premier ministre, promet notamment une mise à jour de la loi de programmation militaire dès avril. Promis à son arrivée à Matignon, le « grand acte de décentralisation » va être décliné en « plusieurs textes » autour desquels « la concertation n'est pas terminée ». Un premier devrait très vite être formalisé et présenté « avant les municipales » de mars avec des « mesures de simplification ». Le pan le plus important de la réforme, qui vise à confier de nouvelles compétences aux acteurs locaux viendra dans un second temps. De même qu'un troisième texte sur le cas spécifique de la Métropole du Grand Paris. Une actualisation de la loi d’urgence agricole a été annoncée. Elle ne reprendra pas les dispositions de la très contestée loi Duplomb, précise le Premier ministre. Sébastien Lecornu prévoit en outre un texte pour instaurer une allocation sociale unique, l’atterrissage de la loi sur la fin de vie d’ici à fin 2026, un projet de loi pour réformer le statut de la Nouvelle-Calédonie mais aussi celui de la Corse. Le Premier ministre cherche à associer les partis du « socle commun », très critiques de sa méthode.
    Le programme semble ambitieux, car le temps est compté. Il restera sept semaines utiles à l’exécutif pour imposer son ordre du jour à l’Assemblée nationale, entre la reprise fin mars, après les élections municipales, et la fin de la session ordinaire, le 30 juin – le reste du temps étant consacré aux initiatives parlementaires. Le gouvernement pourra compter sur une session extraordinaire qui prolongera sans doute les travaux du Parlement, en juillet, mais il sera compliqué de la poursuivre en septembre, après la trêve estivale, à cause des élections sénatoriales. Et, à l’automne, viendra le temps du budget 2027.

    QUEL SERA LE JAPON DE SANAE TAKAICHI ?

    Devenue en octobre la première femme à diriger le Japon, mais à la tête d’une coalition gouvernementale fragile, Sanae Takaichi présidente du Parti libéral démocrate (PLD) a convoqué de nouvelles élections à la chambre basse et récolté 316 sièges (sur 465). Sa victoire consolide les positions les plus conservatrices au Japon : rhétorique nationaliste, ligne dure sur l'immigration, insistance sur les valeurs familiales traditionnelles. Désormais sans véritable opposition, Sanae Takaichi entend mener des réformes très clivantes, notamment dans les domaines de l’économie et de la défense, avec une modification de la Constitution pour en gommer le pacifisme.
    La priorité de Mme Takaichi sera de faire adopter le projet de budget pour l’exercice qui commence en avril. Le texte, dont le volet dépenses atteint un niveau record de 658 milliards d’euros, prévoit des mesures de lutte contre la hausse des prix et la stagnation des salaires. Lors de sa campagne, Sanae Takaichi s'est engagée à suspendre pendant deux ans la taxe sur la consommation des produits alimentaires qui s'élève à 8%. Cette mesure est destinée à améliorer le pouvoir d'achat des Japonais qui s'érode face à une inflation de retour depuis 2022 (2,1% sur un an en décembre).
    Fin décembre dernier, le gouvernement japonais a approuvé un budget de défense record de 48 milliards d’euros pour 2026, se rapprochant de l’objectif de 2 % du PIB. D’ici la fin de cette année, Mme Takaichi entend réviser les politiques de sécurité afin de renforcer les capacités militaires du Japon, voire de lever l’embargo sur les exportations d’armes létales. Le projet de loi contre l’espionnage, possiblement liberticide, est aussi au programme, tout comme la criminalisation de la profanation du drapeau nippon. Elle pourrait également relancer le projet de révision de la Constitution, dont la tonalité pacifiste déplaît à son camp.
    Cependant, la situation de la dette publique japonaise pose de nombreuses questions. L'endettement du pays dépasse les 230% du PIB, le taux le plus élevé parmi les économies développées. Relancer la croissance économique sans alourdir la dette du pays : c'est l'équilibre que doit trouver Sanae Takaichi.
    En politique intérieure, la cheffe de gouvernement souhaite durcir la politique migratoire en imposant des conditions plus strictes aux acquéreurs étrangers de biens immobiliers et en plafonnant le nombre de résidents étrangers.
    Sur le plan international, Sanae Takaichi a provoqué l'irritation de Pékin fin 2025 en laissant entendre que Tokyo pourrait répondre militairement si la Chine attaquait Taïwan. Un ton inhabituel qui a irrité jusque dans son camp.
    Donald Trump, qui la soutient, s’est déjà rendu au Japon en octobre. Il a déclaré que Sanae Takaichi se rendrait à la Maison-Blanche le 19 mars.
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Generated: 3/2/2026 - 10:24:45 PM