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- On considère généralement la barbe comme une question de mode ou d'esthétique. Pourtant, elle pourrait aussi présenter plusieurs avantages pour la santé. Protection contre le soleil, ralentissement du vieillissement cutané, voire diminution de certaines irritations : les poils du visage ne seraient pas seulement décoratifs. Ils pourraient jouer un véritable rôle protecteur.
Le premier avantage, et sans doute le mieux documenté scientifiquement, concerne les rayons ultraviolets du soleil.
En 2012, des chercheurs de l'université du Queensland du Sud, en Australie, ont réalisé une expérience originale. Ils ont utilisé des mannequins équipés de barbes artificielles de différentes longueurs, puis mesuré leur exposition aux rayons UV.
Résultat : selon la densité de la barbe et l'angle d'exposition, les poils réduisaient considérablement la quantité d'ultraviolets atteignant la peau.
Dans certaines conditions, seulement 5 à 10 % des rayons traversaient la barbe. Autrement dit, une barbe suffisamment dense pouvait bloquer jusqu'à 90 à 95 % des UV.
Pourquoi est-ce important ?
Parce que les ultraviolets endommagent l'ADN des cellules cutanées. À long terme, ils favorisent l'apparition des rides, des taches pigmentaires et augmentent le risque de cancers de la peau.
La barbe agit donc comme une sorte de parasol naturel. Attention toutefois : sa protection varie considérablement selon son épaisseur et ne remplace pas une crème solaire.
Deuxième avantage : la réduction de certaines irritations cutanées.
Le rasage répété peut provoquer de minuscules lésions de la peau, des rougeurs et des poils incarnés. Chez certaines personnes, il favorise également une inflammation appelée pseudofolliculite de la barbe.
Laisser pousser ses poils permet d'éviter ces agressions mécaniques répétées. Cela peut donc améliorer l'état de la peau, notamment chez les hommes sujets aux irritations après le rasage.
Troisième avantage possible, plus surprenant : la protection contre certaines particules présentes dans l'air.
Les poils de la moustache peuvent théoriquement retenir une petite quantité de poussières ou de particules avant qu'elles n'atteignent les narines.
Mais il faut être prudent : contrairement à la protection solaire, cet effet n'a pas été solidement démontré chez l'humain. Rien ne permet aujourd'hui d'affirmer qu'une barbe réduit significativement les allergies respiratoires. Ce sont surtout les poils situés à l'intérieur du nez et le mucus nasal qui assurent cette filtration.
Enfin, une barbe mal entretenue peut elle-même favoriser des irritations ou des problèmes cutanés.
En résumé, la barbe possède de véritables propriétés protectrices, notamment contre les UV et les agressions du rasage. Mais elle n'est ni un écran solaire parfait ni un filtre anti-allergies scientifiquement établi.
Comme souvent en santé, tout dépend de sa densité, de son entretien et des conditions d'exposition.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Vous les avez forcément déjà vus. Un cercle surmonté d'une flèche pour désigner le masculin, un cercle prolongé d'une petite croix pour représenter le féminin. Ces deux symboles apparaissent aujourd'hui dans les manuels de biologie, les arbres généalogiques ou encore les documents médicaux. Mais leur origine est bien plus ancienne qu'on ne l'imagine. Elle remonte à l'Antiquité et mêle mythologie, astronomie et alchimie.
Tout commence avec deux divinités de la mythologie romaine : Mars, dieu de la guerre, et Vénus, déesse de l'amour et de la beauté.
Dans l'imaginaire antique, Mars incarne notamment la puissance guerrière, tandis que Vénus est associée à l'amour et à la fécondité. Leurs noms sont également donnés à deux planètes visibles à l'œil nu.
Les astronomes et astrologues de l'Antiquité utilisent progressivement des signes pour identifier les astres. Ces symboles évoluent au fil des siècles jusqu'à prendre les formes que nous connaissons aujourd'hui.
Le signe de Mars, ♂, est traditionnellement interprété comme un bouclier rond accompagné d'une lance, deux attributs du dieu de la guerre.
Celui de Vénus, ♀, évoquerait un miroir à main, objet associé à la déesse de la beauté.
Attention toutefois : ces interprétations sont traditionnelles, mais leur origine historique exacte n'est pas démontrée. Les formes actuelles résultent d'une longue évolution graphique.
Au Moyen Âge, ces signes connaissent une nouvelle utilisation grâce à l'alchimie. Les alchimistes associent en effet les sept astres connus de l'Antiquité à différents métaux.
Mars représente ainsi le fer, métal des armes et des guerriers. Vénus représente le cuivre, notamment associé à l'île de Chypre, célèbre pour ses mines et son culte d'Aphrodite, l'équivalent grec de Vénus.
Mais comment ces signes astronomiques sont-ils devenus des symboles biologiques ?
Le tournant intervient au XVIIIe siècle, avec le naturaliste suédois Carl von Linné, considéré comme l'un des fondateurs de la classification moderne des espèces.
Dans ses travaux botaniques, notamment à partir des années 1750, Linné emploie les symboles de Mars et de Vénus pour distinguer les caractères mâles et femelles des plantes.
Cette convention est progressivement adoptée par les naturalistes, puis par d'autres disciplines scientifiques.
Voilà pourquoi, aujourd'hui encore, nous utilisons ces deux petits dessins pour représenter les sexes masculin et féminin.
Une convention scientifique moderne qui trouve donc ses racines dans les croyances astronomiques et mythologiques de l'Antiquité, il y a près de deux mille ans.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - À Sydney, en Australie, il existe une falaise spectaculaire qui domine l’océan Pacifique. Son nom : The Gap. Située à l’entrée de la baie de Sydney, elle offre un panorama magnifique. Mais ce lieu est aussi tristement célèbre : depuis des décennies, des personnes en détresse viennent y mettre fin à leurs jours.
Pendant près de cinquante ans, un homme a pourtant réussi à empêcher de nombreux drames. Son nom : Don Ritchie. Son arme ? Ni uniforme, ni équipement particulier. Simplement quelques mots, beaucoup d’attention et une tasse de thé.
Né en 1926, Don Ritchie avait travaillé dans la marine australienne avant de devenir vendeur d’assurances. En 1964, il s’installe avec son épouse Moya dans une maison située juste en face de The Gap.
Rapidement, il remarque que certaines personnes s'approchent dangereusement du bord de la falaise. Plutôt que de détourner le regard, il décide d’intervenir.
Sa méthode est étonnamment simple. Lorsqu’il aperçoit quelqu’un qui semble en détresse, il s’approche calmement, engage la conversation et pose une question toute ordinaire : « Est-ce que je peux vous aider ? »
Il propose ensuite à la personne de venir chez lui boire une tasse de thé, parfois accompagnée de biscuits.
L’objectif n’est pas de prononcer un grand discours philosophique. Il s’agit avant tout de créer un contact humain, d’écouter sans juger et de permettre à la personne de s’éloigner du danger immédiat.
Et cette approche fonctionne.
Au fil des décennies, Don Ritchie aurait ainsi sauvé au moins 160 personnes. Certaines estimations avancent même le chiffre de 400, mais ce nombre reste difficile à vérifier.
Ce qui frappe, c’est qu’il n’était ni psychologue ni psychiatre. Il ne possédait aucune formation spécialisée dans la prévention du suicide. Il avait simplement compris qu’une personne en grande souffrance pouvait parfois avoir besoin, avant toute chose, d’être écoutée.
Son engagement finit par être reconnu officiellement. En 2006, il reçoit la Medal of the Order of Australia, une distinction nationale, pour son action auprès des personnes en détresse.
En 2010, il est également nommé citoyen local de l’année.
Don Ritchie meurt en 2012, à l’âge de 86 ans.
Aujourd’hui encore, il reste connu sous le surnom de « l’Ange du Gap ».
Son histoire rappelle une vérité essentielle : si une conversation ne suffit pas toujours à résoudre une crise suicidaire, une présence attentive peut parfois permettre de gagner les minutes nécessaires pour mettre quelqu’un en sécurité et lui apporter de l’aide.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Cela peut sembler étrange, mais au Japon, le groupe sanguin est parfois considéré comme un indicateur de personnalité. Et cette croyance peut même influencer certaines décisions professionnelles.
Cette tradition porte un nom : le ketsueki-gata.
Son principe est simple : chacun des quatre groupes sanguins, A, B, AB et O, serait associé à des traits de caractère particuliers.
Les personnes du groupe A seraient sérieuses, organisées, perfectionnistes et fiables. Celles du groupe B seraient créatives et indépendantes, mais aussi égoïstes et imprévisibles.
Les individus du groupe O seraient sociables, ambitieux et naturellement doués pour diriger. Quant au groupe AB, il correspondrait à des personnalités rationnelles, mystérieuses et parfois difficiles à comprendre.
Mais d'où vient cette étrange classification ?
Tout commence en 1927, lorsqu'un psychologue japonais, Takeji Furukawa, publie des travaux affirmant l'existence d'un lien entre groupe sanguin et tempérament.
Ses théories sont rapidement contestées par la communauté scientifique, mais elles connaissent un spectaculaire retour dans les années 1970 grâce à Masahiko Nomi, un journaliste qui publie plusieurs livres populaires sur le sujet.
La croyance devient alors un véritable phénomène culturel.
Des magazines proposent des horoscopes sanguins. Certaines personnes choisissent leurs partenaires amoureux en fonction de leur groupe. Et des employeurs ont même utilisé cette information pour évaluer des candidats.
Cette pratique discriminatoire est parfois associée à un phénomène appelé bura-hara, contraction de « blood type harassment », autrement dit le harcèlement fondé sur le groupe sanguin.
Et ses conséquences ne sont pas seulement anecdotiques.
Une étude économique japonaise publiée en 2025 a montré que les préjugés visant les personnes du groupe B étaient associés à un taux de chômage supérieur d'environ deux points de pourcentage.
Mais scientifiquement, cette classification ne tient pas debout.
En 2014, le psychologue Kengo Nawata a analysé des données portant sur plus de 10 000 Japonais et Américains. Résultat : le groupe sanguin expliquait moins de 0,3 % des différences de personnalité observées.
Autrement dit, pratiquement rien !
Cette histoire illustre donc un phénomène fascinant : une croyance dépourvue de fondement scientifique peut devenir si populaire qu'elle finit par influencer des décisions bien réelles, jusque dans le monde du travail.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Et si le Viagra pouvait servir à autre chose qu’à traiter les troubles de l’érection ? Aussi surprenant que cela puisse paraître, des chercheurs ont découvert que la célèbre pilule bleue pourrait également aider à lutter contre le décalage horaire. Mais attention, cette découverte concerne pour l'instant principalement les animaux.
Tout commence en 2007, lorsque des scientifiques argentins de l’université nationale de Quilmes publient une étude dans la prestigieuse revue Proceedings of the National Academy of Sciences.
Leur objectif : comprendre comment notre horloge biologique s’adapte aux changements de fuseaux horaires.
Car notre organisme possède une véritable horloge interne, située dans une région du cerveau appelée hypothalamus. Elle régule notamment le sommeil, la température corporelle et la sécrétion de certaines hormones.
Cette horloge fonctionne sur un cycle d’environ 24 heures, appelé rythme circadien.
Lorsque nous voyageons rapidement à travers plusieurs fuseaux horaires, notre horloge interne reste provisoirement réglée sur l’heure de départ. Résultat : fatigue, troubles du sommeil, difficultés de concentration et parfois problèmes digestifs.
Les chercheurs argentins ont donc réalisé une expérience avec des hamsters.
Ils ont artificiellement avancé leur cycle de lumière et d’obscurité de six heures, reproduisant ainsi les conditions d’un voyage vers l’est, par exemple de New York à Paris.
Certains hamsters ont reçu une injection de sildénafil, la substance active du Viagra. Les autres ont reçu un placebo.
Et les résultats ont été spectaculaires : les animaux traités se sont adaptés au nouvel horaire jusqu’à 50 % plus rapidement que les autres !
Comment expliquer cet effet ?
Le Viagra bloque une enzyme appelée phosphodiestérase de type 5, ou PDE5. Cette action augmente la disponibilité d’une molécule, le GMP cyclique, qui intervient notamment dans la transmission des signaux lumineux permettant de régler notre horloge biologique.
En renforçant ce mécanisme, le médicament semble faciliter la remise à l’heure de notre organisme.
Mais les chercheurs ont découvert un détail particulièrement intéressant : cet effet fonctionne surtout lorsque l'horloge doit être avancée, comme lors d'un voyage vers l'est. Il n'a pas été observé lors des simulations de voyages vers l'ouest.
Alors, faut-il désormais avaler un Viagra avant chaque vol transatlantique ?
Absolument pas !
Ces résultats, confirmés par d'autres expériences animales, ne démontrent pas que le traitement fonctionne chez l'être humain. Le Viagra présente aussi des contre-indications et des effets indésirables.
Pour autant, cette découverte illustre un phénomène fascinant : un médicament conçu pour traiter un problème précis peut révéler des effets totalement inattendus sur notre organisme.
Et peut-être ouvrir la voie à de nouveaux traitements contre le décalage horaire.
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