Dans cet épisode de Cerveau Puissant, Claire reçoit Elsa Wolinski pour une conversation d’une rare sincérité autour du deuil, de la reconstruction et de la liberté intérieure. Journaliste, autrice, femme engagée, Elsa partage la phrase qui la guide, inspirée d’Aretha Franklin : embrasser ce qui nous rend unique, même si cela dérange. Pour elle, la vulnérabilité n’est pas une faiblesse mais une force, une manière d’habiter pleinement sa vérité.
L’épisode revient sur l’attentat contre Charlie Hebdo et la mort de son père, Georges Wolinski. Elsa raconte le moment où elle apprend la nouvelle, la sidération, l’irréalité. Le deuil s’impose dans un contexte public, sous le regard du pays entier. Elle décrit aussi le réflexe immédiat de protéger sa mère, d’endosser un rôle de soutien, quitte à mettre de côté sa propre douleur. Interdite de pleurer, sommée de tenir, elle explique comment son deuil est resté suspendu, comme non intégré. Pendant des années, elle avance, travaille, reprend le métro une semaine après, pour survivre. Le travail devient une armure. Mais le deuil, lui, continue de circuler en silence.
La maladie puis la disparition de sa mère ajoutent une nouvelle couche de perte. Elsa parle d’une décennie intense, entre responsabilités familiales, maternité, séparation et carrière. Elle évoque aussi le rapport au corps comme refuge et protection. L’hyperphagie, le besoin de se remplir après l’hôpital, le poids comme barrière contre la douleur. Puis, peu à peu, un changement. Une réconciliation. Elle découvre qu’on peut revisiter sa mémoire, adoucir certaines scènes, transformer la manière dont le passé vit en nous. Elle choisit consciemment de ne pas s’installer dans la haine ni dans la colère. Refuser la violence comme héritage. Faire du deuil un terrain d’évolution plutôt qu’un enfermement.
La conversation s’ouvre ensuite sur un autre passage décisif : la ménopause. Elsa met des mots précis sur ce tsunami intime que vivent des millions de femmes. Brouillard cognitif, transformation du corps, perte du désir, sentiment de décalage. Elle insiste sur le fait que cette étape ne peut pas se traverser seule. C’est un sujet de couple, de famille, un sujet social. Briser le tabou, parler avec les hommes, sortir du silence. Pour elle, la ménopause est aussi une mue. Une crise qui oblige à se redéfinir.
Elsa aborde également la sexualité après 50 ans. Elle parle de non sexualité sans honte, des messages reçus de femmes qui se reconnaissent. Elle explique que l’amour évolue, que l’exigence grandit, que l’amitié prend une place centrale. On n’aime pas mieux parce qu’on a été brisé. On aime différemment quand on a fait un travail sur soi. Sinon, on reproduit. Le deuil, les épreuves, la thérapie, tout cela devient matière à conscience.
Enfin, Elsa partage ce qui la fait tenir quand tout vacille. L’élan vital. Le fait de créer, de faire, de continuer à rêver. Non pas pour réussir à tout prix, mais pour rester en mouvement. Elle assume une réussite sensible, fragile, humaine. Une réussite qui met du temps, mais qui respecte sa nature.
Un épisode puissant sur le deuil, la transformation, la liberté, le désir et la force discrète de celles et ceux qui choisissent de rester fidèles à eux-mêmes malgré les tempêtes. Disponible sur toutes les plateformes.
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